SCÈNE 11. i
LE PÈRE THOMAS
Elle a raison ; elle a parbleu raison.
LA MÈRE THOMAS, bas à son mari.
Allons donc , monsieur Thomas , observez-vous , je vous en prie.
LE PÈRE THOMAS, bas.
Je m'observe, madame Thomas. (^Haut,) Où est donc le futur ? Faudra-t-il l'aller chercher ? De notre temps on était plus dégourdi. Vous souvient-il, madame Thomas, de la brèche au mur du jardin? hem? et le chien de basse - cour que vous endormiez ; et l'échelle du petit grenier...
LA MÈRE THOMAS
Ceci passe la permission , mon mari.
Et le tout en tout bien et en tout honneur, madame Thomas. Vous aviez de la vertu , et vous l'avez toujours conservée ; diable !
L A MÈRE THOMAS. '
Ah! ça monsieur, finirez-vous?
LE PÈRE THOMAS
J'ai fini, madame Thomas. Mais, les amours de ces jeunes gens me rappellent ma jeunesse , et il est des souvenirs qui font toujours plaisir.
LA MÈRE THOMAS, bas à son mari.
Hé ! sans doute ; mais , ce n'est pas le moment d'en parler.
LE PERE THOMAS
On vieillit; mais, à l'aspect du bonheur, le cœur se réchauffe encore, et on ne sait pas où cela mène, madame Thomas.
LA MERE THOMAS;
Vous voulez absolument que je vous cède la place. Suivez -moi, mesdemoiselles, et laissez votre père conter, à qui bon lui semblera, ses merveilleuses prouesses.
LE PÈRE THOMAS
Quoi! de l'humeur? Sérieusement, tu as de l'iiu^ meur ? Je ne te reconnais pas là. On marie sa fille ^ on la marie selon son cœur, cette idée réjouit; on est naturellement gai , on se permet le mot pour rire. Y a-t-ï\ là de quoi se fâcher? Allons, le baiser de paix, et à table.
( Ils s'embrassent. )
C É C I L Ei
Hé ! voilà Bazile.