‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 96 sur 441 · SCÈNE X. i · texte numérisé non relu

SCÈNE X. i

SABORD

Il est ici plus en sûreté encore.

LISE

Il n'est pas poli , ce monsieur-là.

SABORD

Poli ? pourquoi faire? >

BAZILE

Ecoutez donc, monsieur; vous traitez ma future...

SABORD

Je n'ai pas voulu l'offenser. Je suis dur, je m'emporte ; mais je suis bon diable au fond. Laissons là ce galimatias. A propos, vous n'avez pas entendu parler d'un petit Sarpejeu, qui était mousse à bord de V Hirondelle , et que j'ai jeté à l'eau, afin de le tirer d'embarras ?

LISE

Il vous intéresse ?

SABORD

Par-là corbleu! je le crois. Je suis son père,

LISE, avec joie.

Vous êtes son père !

Tout comme un autre. Cela vous étonne?

LISE

Je ne dis pas cela, monsieur. i^A part. ) Ah! quel original !

SABORD

Enfin, où est -il, ce petit drôle? L'avez -vous mis aussi en lieu de sûreté?

i54 LE PETIT MATELOT.

LISE

Il est chez nous, monsieur, où il reçoit les soins qu'on doit à la jeunesse et au malheur.

SABORD

Vous avez pris soin de lui ? Vous êtes donc de braves gens? C'est bien cela, c'est bien. Je suis content de vous, et je vous remercie.

( Il leur présente la main. ) B A ZI LE, à part.

Il se radoucit, cependant.

SABORD

Ecoutez donc. Vous m'avez dit que vous vous épousiez ?

B AZILE

Sans votre accident , la cérémonie serait faite.

SABORD

Que je ne dérange rien : jamais je n'ai gêné que l'ennemi. Et , dites-moi ; vous vous aimez ? ( Lise baisse les jeux. ) Elle baisse les yeux ; elle baisse les yeux. On t'aime , mon garçon.

BAZILE

Ah! comme on est aimé.

SABORD

Cela ne suffit pas. Je ne me livre pas d'abord ; mais , quand je connais d'honnêtes gens dans le besoin , je n'ai rien à moi.

LISE

Jamais, monsieur, nous n'avons été à charge à personne.

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