‹ Œuvres complètesChapitre 100 sur 414 · ACTE III, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX

DERCOURT.

J'étais bien jeune quand je me suis écarté des bonnes mœurs, que j'ai négligé vos conseils. Votre abandon, mon indigence, m'ont conduit, de faute en faute, à perdre sans retour votre confiance et votre amitié.

DUPRÉ

Vous verrez que c'est moi qui suis coupable des écarts de ce monsieur-là.

MADAME VERVAL

Mon ami, vous avez une austérité de principes.*..

DUPRÉ

Joignez-vous à lui, madame, je vous en prie. Tout aimable que vous êtes , vous ne me persuaderez jamais qu'il ait raison et que j'aie tort:

DERCOURT.

Non, monsieur, je suis coupable, et je neveux pas le dissimuler ; mais je croyais avoir quelques droits à votre indulgence

DUPRÉ

Des droits, dites-vous?

DERCOURT.

J'en ai peut - être , si la résolution la plus ferme , la plus inébranlable de tenir une conduite sans reproche

DUPRÉ

Vous cherchez à me tromper encore.

DERCOURT.

Si vous le croyez , monsieur , n'écoutez que votre ressentiment. Accablez -moi, ôtez-moi la liberté....

i48 CONTRE-TEMPS SUR CONTRE-TEMPS.

Je ne veux pas que vous en abusiez davantage.

DERCOURT.

Yo'us serez satisfait. Indiquez-moi le lieu que vous voulez que j'habite. Je vole vous y prouver ma docilité, mon repentir, et je parviendrai peut-être, à force de soumission , de tendresse et de patience , à mériter ma grâce , et à recouvrer vos boutés.

DUPRIÉ, à madame VenraL

Fâchez-vous donc un peu à votre tour : je n'ai plus la force d'être en colère.

LE COMMISSAIRE

Je vois avec plaisir que mon ministère devient inutile ici. Monsieur Dufour a trouvé l'oncle de son -débiteur; l'oncle est furieux, mais le neveu est repentant, et je crois plus à la nature qu'à tous les commissaires du monde.

( Il sort avec sa suite. )

l'horloger.

Vous savez, monsieur, ce que vous m'avez promis?

DUPRÉ

Oui, monsieur, demain je vous tiendrai parole.

( L^horioger sort. )

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