‹ Œuvres complètesChapitre 119 sur 414 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

LE CAPITAINE

Je voulais vous convertir, et je crois que c'est vous <iui me convertirez,

SAINTE-CLAIRE

Vous allez attaquer m^ atAour-propre; je vous déclare que je n'en ai point.'

LE CAPITAINE

Charmante, et point d'amour -propre! Vous êtes une femme accomplie.

SAINTE-CLAIRE

Vous revenez à votre but... par un détour. Finesse inutile.

Je n'emploie ni finesse, ni détour. La tête me tourne, et je crois que j'ai le cœur aussi vivement attaqué que l'esprit.

SAINTE-CLAIRE

Votre état est alarmant? Heureusement ce mal subit ne sera pas de longue durée.

LE CAPITAINE

Qui vous l'a dit?

SAINTE-CLAIRE

Je le présume.

BE CAPITAINE

Et si vous vous trompiez ? ;

SAINTE-CLAIRE

Ce serait un triomphe trop flatteur! Une petite religieuse voir un vainqueur à ses pieds!....

LE CAPITA^TNE."

Ah! VOUS persiflez! Revenons. J'ai été jusqu'ici passablement libertin.

* SAINTE-CLAIRE

Je le crois.

LE CAPITAIÏTE.

Mais , je renonce à mes amours de garnison , et je me jette à corps perdu dans la réforme,

SAINTE-CLAIRE

Et vous le dites d'un ton à persuader le contraire.

LE CAPITAINE

Ce n'est pas à mon ton, c'est à mon cœur qu'il faut croire.

SAINTE-CLAIRE

Écoutez, monsieur le dragon, vous me parlez^ je vous réponds; grâce à mon étourderie, me voilà passablement compromise. Je vois que cette conversation me mènerait trop loin : je vous salue, et je vous quitte.

LE CAPITAINE

Un moment. Il est toujours temps de nous quitter, et bientôt , peut-être , il ne le sera plus de prendre certains arrangements....

SAINTE-CLAIRE

Des arrangements ! l'expression est forte.

LE CAPITAINE

Et si ceux que j'ai à vous proposer accordaient votre cœur et votre délicatesse?

SAINTE-CLAIRE

Cela me paraît difficile.

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