‹ Œuvres complètesChapitre 172 sur 414 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

t£ MàHÉGHAL-DES-LOGIS.

^ merveille. A qui donnera-t-on une compagnie? à un chanoine?

GERTRVBE.

C'est qu'il y a de quoi devenir folle; mais folle à lier!

LE MAREGHAL-DES'LOGIS

Allons , tu n'es qu'une femme.

Toujours des propos ! Et toi , qu'es-tu ?

ZM MARÉGHAL-DES'-LOGIS.

Un homme persuadé qu'il est plus aisé d'obéir que de commander.

GERTRUDE

Tout cela est bel^t bon. Il n'est pas moins vrai q\xe le mérite perce tôt ou tard.

LE MARiCHAL-DES-LOOlS, la saluant.

Ah , ma femme !

GERTRUDE

Et les méchants ont toujours un pied de nez.

LE MARiCHAL-BES-LOGIS.

Quelquefois , G^rtrude , quelquefois.

GERTRUDE

C'est ainsi que le prophète Jouas 9 que des envieux avaient jeté h, la mer , fut sauvé par une baleine qui le garda trois jours dans son ventre.

•LE IffARÉCHAL-DES-LOGIS.

Ce Jonas était un morceau de dure digestion.

GERTRUDE

Oh! c'est un grand miracle!

a5o LES DRAGONS EN CANTONNEMENT.

LE MA.RJÉGHAL-DES-LOGIS

Si la baleine eût passé trois jours dans le ventre de Jonas , le coup serait bien plus fort.

Tu ris de tout.

LE MAREGH AL-DES-LOGIS

Et même de ta joie.

GJERTRUDE.

Ma joie ma joie est ineffable, et elle est bien

naturelle. Me voilà la femme d'un homme en plaee. Je ne serai plus vivandière, çt je prendrai bientôt....

LE MAREGHAL-DES-LOGIS

Qu'est-ce que tu dis donc, ma femme? tu pèseras plus vivandière?

GERTRUDE

Non , dieu merci,

LE MARÉCHAL-DES-LOGIS

Pourquoi cela , ma femme ?

GERTRUDE

Tiens , pourquoi ? crois-tu que je servirai pendant que tu commanderas ? Va , va , je ferai ma fière tout comme une autre , et je sens déjà que ce vilain métier-là ne me convient plus.

LE MARÉCHAL-DES-LOGIS

Ecoute-donc , Gertrude ; je crois que tu as raison. Je suis en effet un grand personnage , et ma femme ^ ne doit plus être vivandière. Je vais plus loin , car j'aime à profiter de tes idées : une sœur converse était le fait d'un soldat sans ressources, et même sans

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