‹ Œuvres complètesChapitre 185 sur 414 · I.A VEUVE · texte numérisé non relu

I.A VEUVE

Eh! que lui voulez--vous ?

SAINTE-CLAIRE

C'est mon secret.

LA VEUVE

Ne puis-je le savoir?

SAIjyTE-OLAiRE.

Quand vous m'aurez dit le vôtre.

LA VEUVE

Je vous assure que je n^eû ai pas.

SAINTE-CLAIRE

C'est-à-dire que le public est dans la confidence ?

LA VEUVE, piquée.

Le public ne sait rîen.

SAINTE-CLAIRE

Mais vous vous souciez peu qu'il sache tout, ce qui revient au même.

Il y a de l'humeur, mademoiselle, dans ce que vous me dites là.

SAINTE-CLAIIIE.

De l'humeur 1 et pourquoi?

LA VEUVE

Que sais-jè? te colonel est charmant, et vous êtes aimable.

SAlNTÉ-CLAlRE.

Qu'en concluez-vous ?

La veuvé.

Qu'il a pu vous aimer en passant.

SAINTE-CLAIRE

En passant?

LA VEUVE

Et faire sur votre cœur une impression malheurejisement trop durable.

s AIWTE-CLAIRE.

J'admire votre discernement.

LA VEUVE

N'est-il pas vrai, que je devine juste? Légère comme les Grâces, ingénue comme elles, vous avez cru à des serments qui devaient être sincères , et piquée d'un mépris que vous ne méritez pas, vous venez, sous un habit qui ajoute à vos charmes, réclamer leurs droits et votre captif.

SAINTE-CLAIRE

Vous m'étonnez, citoyenne. Vous me contez l'histoire de beaucoup de jeunes personnes.

LA VEUVE

Et un peu la vôtre , convenez-en.

SAINTE-CLAIRE

J'avoue qu'il y a quelque rapport...

LA VEUVE

Les hommes sont si prompts à promettre...

SAINTE-CLAIRE

Et les femmes si disposées à les croire, et à se préparer des regrets!

LA VEUVE

C'est ce que je n'osais dire.

SAINTE-CLAIRE

C'est ce que je pense.

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