SCENE XXIV
LA VEUVE, voulant la pénétrer.
C'est du moins une sorte d'excuse, qu'une promesse de mariage.
SAINTE-CLAIRE
C'est du moins un prétexte , dont certaines femmes ne peuvent pas même se prévaloir.
LA VEUVE
J'espère, citoyenne, que vous ne prétendez pas faire d'applications?
SAINTE-CLAIRE
Vous savez, citoyenne, que vous n'avez pas de secrets.
LA VEUVE
Vous avez de l'esprit.
SAINTE-CLAIRE
Je suis étonnée que vous vous en aperceviez.
LA VEUVE
Pourquoi donc, mademoiselle?
SAINTE-CLAIRE
C'est qu'on est rarement disposée à rendre justice à ses rivales.
LA VEUVE, avec indifférence.
Ah ! une rivale telle que vous...
SAINTE-CLAIRE
Peut déranger bien des projets.
LA VEUVE
On peut aussi n'avoir rien à craindre des vôtres.
SAINTE-CLAIRE
Il faudrait alors être aimée bien sérieusement.
LA VEUVE
Mais je me plais à le croire.
SAINTE-CLAIRE
Et moi, j'en doutie yn peu.
LA VEUVE
Vous avez vos raisons pour doiiter.
SAIICTE-CLAIRE.
Comme vous avez les vôtres popr pe jouter de rien.
* LA VEUVE
Terminons un entretien qui doit nous gêner également.
SAINTE-CLAIRE
Je vous assuré , au contraire , qu'il m'amuse beaucoup.
LA. VEUVE
Finissons. Que puis-je pour \o\is ?
SAINTE-CLAIRE
Rien. C'est moi qui veux vous donner une leçon.'
^ LA VEUVE
Ah ! ah ! Et quelle est cette leçon ?
D'abord, vous éclairer si|r l'inconséquence de votre conduite.
LA VEUVE
Vous ne pensez pas à la vôtre.
SAINTE-CLAIRE
Il est vrai qu'elle est originale.
LA VEUVE
Et la mienne, quelque chose de plus?