SCÈNE XXVIII. a8i
Je me permettrais ensuite quelques avis, mais si modérés^ si délicats, que l'amour-propre de mon époux n'en serait pas affecté.
LE COLONEL
Ah ! tu pourrais parler ; tu en aurais bien acquis le droit.
SAINTE-CLAIRE
Je lui dirais : Compare l'amour sinqère et désintéressé, de ta femme,, de cette femme qui n'a pu prendre sur elle de bouder un moment, avec ces liaisons dangereuses qui conduisent insensiblement au mépris de ce qu'il y a de plus respectable. Ne prends plus pour de l'amour un sentiment qui lui est étranger; ne confonds plus tes sens avec ton oœur, et apprends à t'^estimer assez pour sentir que la vertu seule a le droit d^té^ plaire.
LIP COLON£I<,la terrant dana aea braa.
Jugie quel effet produiraient sur cet homme, que tu supposes honnête \ des conseils donnés avec autant de ménagement par l'amie la plus aimable et la plus sensible ! quel empressement il mettrait à réparer ses torts! Une jolie bouche a tant de grâce à prêcher la saine morale! ce qu'elle a d'austère prend im charme si flatteur , que l'époux s'applaudirait presque d'une faiblesse qui lui donnerait tant de raisons d'aimer et d'estimer son épouse.
SAINTE-CLAIRE, lui pasiant un bras au cod.
Mais il lui donnerait sa parole de ne plus cher-
cher de nouvelles raisons de l'aimer et de T^stimer davantage?
LB COLONKL.
II la donnerait, et saurait la tenir. {Elle embrasse le colonel; il lui ouvre les bras, elle sy précipite. ) Mais si cette feimne , que les apparences cdnclàninent , avait été trompée elle-même; si, au lieu de séduire ton époux, elle s'était livï*ée avec sécurité à. des sentimehts' honnêtes; si elte le ci^yait libre enfin?-
~ Ah \ tnon ami ! mon ami ! que de reproches iu àm te faire !
-y- LE CO-LOWEL. J :'
Je me les suis d^a faits'; mais cela ne suffit pas^ -
• • .' fr'ÎLiïf TE- CLAIRE. ' • '^ -
Tu âs raison^ Quand on à fait une fàutie, ilfaut avoir le bon esprit de la réparer. J'ai eu àu$si dcte torts envers cette femme; je l'ai jugée avec une légèreté....; Je liii^doiis des excuses pour mon c0îi>plc^ et jeVàîs négocier «une 'paix générale. .; * j j
»j» I ..j \'.y .,' . (Elle entte chez la ireuye.);.. ,i
••' • .■ SCÈNE- XXix. ■•
Le COLONEL, Le MARÉCHAL- DES -LOÇ;^, Second DRAGON, TnoisièME DRAGON, «ttt
quatre autres , le sabre à la main.
iLK MAR-ECHAL-DES-LOGIS.
Colonel^ voilà les deux dragons que vous avez. fait arrêter.