SCENE Vin. 3ji
DUPOICT.
Je viens de trouver celui-ci.
LUSSAir.
Tu l'as lu , malheureux !
DUPONT
Comment, sans cela , saurais-je à qui le rendre ?
L^ussAir.
Achève ; parle donc. Voyons que dit ce hiUet ?
DUPOICT.
Puisque je l'ai lu, y a-t-il quelque incaDLvénient à ce que monsieur le lise aussi ?
LUSSAN
Il y en a, et beaucoup.
DUPONT
Hé bien , je vais en &ire la lecture à monsieur.
liUSSAN.
L'indiscrétion est la même. Ne saurais-tu me rendre le sens de ce billet ?
DUPOWT.
Je ne le crois pas, monsieur. D'ailleurs, j'ai nemarqué des expressions qui peuvent vous blessér,€t....
LUSSAlf.
Me blesser, moi! Cela n'est pas posaîble. i^Avec impatience. ) Allons, lis, lis donc, pi&que ton in« telligence ou ta mémoire te trahit.
DUPONT, Kt.
ce Madame, je n'ai pas osé vous écrire encore; mais « il m'est impossible de me taire plus long-tempg. Je ce brûle de vous ouvrir mon cœur et de m'assurer du « votre, avant que mes sentiments soient connus...
3ia LES MEMNON FKANCAIS.
L U S S A N y avec force.
Comment donc , du mystère !
DUPONT, lit.
« De l'homme qui vous obsède....
LUSSAK, en colère.
Je l'obsède, moi!
DU PO ITT, lit.
<i Et qui vous arrache à la société dont vous faisiez « les délices. Je vous supplie de vous trouver ce soir « chez madame d'Ësteval.
Oser demander un rendez»vous à une femme qui n'a pas dit : J'aime !
DUPONT, Ut.
« L'indulgence avec laquelle vous m'avez quelquece fois écouté....
LtJSSAN.
Le fat !
DUPONT, lit.
« Me donne lieu d'espérer que vous ne me refuse- « rez pas là grâce que je vous demande. »
L U s s A N , exaspéré.
Écrire ainsi à ma cousine! Ce billet est infâme. Donnez-moi cet écrit ; c'est moi qui vais répondre ; c'est à moi qu'il convient de protéger la jeunesse et les grâces dépourvues d'expérience. ( // se met au bureau et se dicte en écrwani. ) « L'homme qui obsède <c madame de Méran désire vous apprendre à choisir « vos expressions , et surtout à rechercher d'une ma- <f nière convenable la main d une jeune dame , qui est