‹ Œuvres complètesChapitre 213 sur 414 · SCENE Vin. 3ji · texte numérisé non relu

SCENE Vin. 3ji

DUPOICT.

Je viens de trouver celui-ci.

LUSSAir.

Tu l'as lu , malheureux !

DUPONT

Comment, sans cela , saurais-je à qui le rendre ?

L^ussAir.

Achève ; parle donc. Voyons que dit ce hiUet ?

DUPOICT.

Puisque je l'ai lu, y a-t-il quelque incaDLvénient à ce que monsieur le lise aussi ?

LUSSAN

Il y en a, et beaucoup.

DUPONT

Hé bien , je vais en &ire la lecture à monsieur.

liUSSAN.

L'indiscrétion est la même. Ne saurais-tu me rendre le sens de ce billet ?

DUPOWT.

Je ne le crois pas, monsieur. D'ailleurs, j'ai nemarqué des expressions qui peuvent vous blessér,€t....

LUSSAlf.

Me blesser, moi! Cela n'est pas posaîble. i^Avec impatience. ) Allons, lis, lis donc, pi&que ton in« telligence ou ta mémoire te trahit.

DUPONT, Kt.

ce Madame, je n'ai pas osé vous écrire encore; mais « il m'est impossible de me taire plus long-tempg. Je ce brûle de vous ouvrir mon cœur et de m'assurer du « votre, avant que mes sentiments soient connus...

3ia LES MEMNON FKANCAIS.

L U S S A N y avec force.

Comment donc , du mystère !

DUPONT, lit.

« De l'homme qui vous obsède....

LUSSAK, en colère.

Je l'obsède, moi!

DU PO ITT, lit.

<i Et qui vous arrache à la société dont vous faisiez « les délices. Je vous supplie de vous trouver ce soir « chez madame d'Ësteval.

Oser demander un rendez»vous à une femme qui n'a pas dit : J'aime !

DUPONT, Ut.

« L'indulgence avec laquelle vous m'avez quelquece fois écouté....

LtJSSAN.

Le fat !

DUPONT, lit.

« Me donne lieu d'espérer que vous ne me refuse- « rez pas là grâce que je vous demande. »

L U s s A N , exaspéré.

Écrire ainsi à ma cousine! Ce billet est infâme. Donnez-moi cet écrit ; c'est moi qui vais répondre ; c'est à moi qu'il convient de protéger la jeunesse et les grâces dépourvues d'expérience. ( // se met au bureau et se dicte en écrwani. ) « L'homme qui obsède <c madame de Méran désire vous apprendre à choisir « vos expressions , et surtout à rechercher d'une ma- <f nière convenable la main d une jeune dame , qui est

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