SCÈNE IV
DÉRICOURT, BLINVILLE.
DÉRICOURT.
Suivons notre conversation. Adèle a dix-huit ans.
BLIWVIt.LE.
Elle est charmante.
D^RICOURir.
Autrefois un père se croyait déshpnoré , s'il n^attendait tranquillement qu'on vînt lui demander sa fille. Nos aïeux, grands conn^isiseurs en bienséanceft, l'avaient jugé ainsi : pour moi', qui pense qu'un honnête homme ne peut avoir de guide plus «or «[uc son cœur , et je passe sur les formalités d'usage. BUnyille, tu i)s mon ami?
BLINVILLl.
Et je me sens digne de l'être.
354 L'ORPHEUN.
DÈRICOURT.
Tu trouves ma fille charmante ; tu viens de le dire.
BLIBTVILLE.
C'est ainsi que la jugent tous les honnêtes gens.
DISRICOURT.
Toutes les femmes honnêtes estiment aussi mon ami.
Mais toutes ne l'aiment pas.
DÉRICOURT.
Adèle a le cœur libre, et l'homme aimable qui aura mon aveu ne craindra pas un refus de ma fille.
BLINVILLE.
Cela ne suffît pas à un homme délicat.
DÉRICOURT.
Tu as raison; mais comme je ne puis en conscience faire l'amour pour toi , tu prendras la peine de t'annoncer.
BLINVILLE.
Il serait dur d'être éconduit.
DiRICOURT.
Tu l'aimes donc , mon ami ?
BLINVILLE.
J'y suis au moins très-disposé.
DÉRICOURT.
Tu trouveras aussi Adèle disposée à t'aimer : les bons cœurs sympathisent.
BLINVILLE.
Je le désfre, mon ami.