DÉ RI COUR T
Si cependant elle est prévenue pour un autre , je n insisterai pas; tu te consoleras, et moi aussi. Malheur aux pères qui sacrifient le bonheur de leurs enfants à leurs arrangements particuliers ! Mais ne nous arrêtons pas à une idée qui n'a nulle espèce de fondement. Revenons, mon ami. Voici mon plan: je n'ai qu'Adèle, et je ne veux pas m'en séparer. En te nommant mon gendre, jç m'attache de plus près à mon ami ; j'acquiers des droits plus réels sur son cœur; j'assure à jamais mon repos, en donnant ina fille au plus hpn-, nête homme que je* connaisse, et, pour que personne n'ait à se plaindre de la fortune, je compte associer Julien à mon commerce.
BLINVILLE.
Et tu feras bien ; c'est un jeune homme estimable.
DERICOURT.
C'est ainsi que je l'ai jugé, et m'occuper de sa félicité, c'est ajouter à celle de ma femme. A mon retour d'Amérique elle me présenta cet enfant , que je ne gar^ dai d'abord que par complaisance. Ma fortune était bornée alors ; ma citoyenne était très-jeune, et je pouvais avoir plusieurs enfants... Enfin, j'ai adopté celui-ci. Je n'ai pas même voulu pénétrer le mystère de sa naissance qui, dans le fond, m'intéresse peu; d'ailleurs , quand j'en ai parlé , ma femme a montré une répugnance marquée pour toute espèce d'explication. Sans doute Julien doit le jour à quelqu'un qui l'intéresse fortement, et qui cependant doit être honnête, car ma femme ne se prêterait pas....
366 UORPHELIN.
BLIirVILLE.
PêUt^^étre une amie égarée un moment de délire , de &ibles^....
Dl^RICOttlT.
Quoi qu'il en soit , j'ai respecté son secret. Je me suid attaché à cet enfant; je l'ai élevé avec Adèle; il a gratadi tous tneê yeux, et il a surpassé mes espérances. Ses traVaui ont secondé les miens ; je lui dois une partie de mèi fortune ,, et je m'acquitterai envers lui ^ assuttmt la sienne. Je viens de l'ouvrir mon attlë tout entière. Si tu trouves dans tnes projets quelque Chose qui te répugne, dis*le-moi avec la fran* chise qui vient de te parler par ma boUche.
BLIIfVILLÉ.
Je n'y vois que de nouvelles raisons de t'estimer davantage.
DÉRlCOUttT.
Nous sommes donc d'accord ?
BLIÎfVÏLLË.
Oui, si tout le monde ici pense comme moi.
nÉfllCÔÛÉT.
Tu ne dois pas douter du consentement de mon épousé, et je t'aurai bientôt ménagé une occasion de lui pàriér de nos desseins , car il convient que tu lui demandèà sa fille. Allons, embras{»e-moi , mon gendre.
BLIirVïLLE.
De tout mon cceUr, hion beau -père.
( Us ê^éÉtAyrkëwent. ) DÉRICOURT.
Les voici.