‹ Œuvres complètesChapitre 269 sur 414 · ACTE lï, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE lï, SCÈNE III

vos prières ? Quoi ! tu veux être mère , et tu ne soupçonnes pas encore la forc€ , l'abandon du sentiment qui m'attache à toi?

Je ne sais ^ ma mère ; mais il me semblé que ma fille n'embrasserait pas en vain nies genoux. Qu'est devenue cette tendre sollicitude qui ne s'occupait que de ma félicité ?

LA ClTOTENiri: DÉBIGOURT.

Cruel enfant! le cœur d'une mère change -t- il jamais?

Adèle.

Prouvez-le-moi. Je suis malheureuse, suppiliante, et vous me résistez.

LA CITOYEirWE DÉRICOURT.

J'ai prononcé l'arrêt; rien ne peut le faire révoquer.

A D È LE 9 se levant , d*un ton ferme.

Mon père à aussi prononcé.

LA CITOYENNE DÉRICOtJRT.

Oserez-vous vous en prévaloir ?

ADÈLE, montrant Julien.

Eh ! que lui reprochéz-vous ?

LA CITOYENNE DÉRICOURT.

Rien.

JULIEN

Et elle ne sera pas à moi !

LA CITOYENNE DÉRICOURT.

Non, jamais. **

J U L I E N 9 d'mie voix étoufîëe.

Vous êtes jnjuste, tyranniq[ue.

ADELE, très-viyeineiit.

Julien , tu parles à ma mère. {A sa mère. ) Pardonnez-lui, pardonnez -lui, ma mère. 11 s'est oublié; c'est la première fois de sa vie ,î ce sera la dernière.

JULIEN

Oui, je m'égare.... Mais dois-je payer vos bienfaits par le sacrifice le plus déchirant?

LA CITOTENNB BÉRICOtlRT,

prenant la main d'Adèle , et la fixant. -^

Adèle, sois toujours vertueuse. La pente du crime est facile; ta femme la plus chaste peut être faible, et le souvenir d'une faiblesse est si cuisant!

ADÈLE

Qu'ont de commun ces étranges réflexions et notre amour ?

LA ClTOYElfirE DÉRICOURT.

Votre amour! votre amour!... ah! je l'avais prévu, le crime est héréditaire.

ADÈLE

Je ne vous entends plus.

LA CITOYENNE DERICOURT.

• Puisses-tû ne jamais m'entendre !

ADÈLE

Ma mère, je vous implore pour la dernière fois. Ayez pitié de votre fille. Elle a Votre sensibilité, elle a votre arae tout entière. Vous avez aimé; souvenez-vous-en. Oui, vous avez aimé, ma mère. Et vous me défendez d'avoir un cœur!

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