ACTE III, SCENE IV
LA CITOYENNE DlÉRICOURT.
Un moment. Rends-moi ton cœur...
JULIEN
Je ne le puis.
LA CITOYENNE DlÉRICOURT.
C'est ta meilleure amie, qui te presse , qui te conjure de ne pas la repousser; c'est une mère égarée et sensible, qui souffre par toi et pour toi, qui voudrait... qui ne peut...
JULIEN, d*iiiie voix étonfifile.
Une mère!... une mère!
LA CITOYENNE DlÉRI COURT, se reprenant.
Je t'en ai tenu lieu; j'en ai rempli 'les devoirs.
JULIEN
Ne me rappelez pas le passé ; vous l'effacez de ma mémoire. Si je vous dois beaucoup, feis-je moins aujourd'hui? Je renonce à tout ce qui m'attache à la vie ; je quitte Adèle , je me dérobe à votre époux ; je me jette dans un monde inconnu , sans support , sans espoir, sans autre ami qu'un vieux domestique, qui compatit à mes maux, et qui veut les partager; je m'expose à tout, je brave tout, et pour qui? pour vous seule, femme absolue et barbare.... Non, je n'ai plus de mère... je n'en ai plus; vous avez mis entre nous une étemelle séparation.
LA CITOYENNE DÉRICOURT.
Tu m'accuses, tu m'outrages, et je ne puis te blâmer.
JULIEN
Dans l'état où je suis , sais-je ce que je fais ?
4a8 L'ORPHJSLIN.
LA CITQTEinyB b^UlCOURT.
Me connais -je moi -même ? Ma tête n'est plus à moi... mon désordre est au comble... mes idées n'ont plus de suite.... de liaison... Julien, je perds eo toi la moitié de mon être. Je ne puis ni te voir, ni me séparer de toi. Je n'oppose à tes vœux que l'impuissance.... le fliésespoir.... des larmes stériles qui ne peuvent t'apaisen.. Oui, tu me bais; tu le doûi, je le sens , j'en suis convaincue ; mais quelque indigne que je t'en paraisse , que je goûte encore une fois le plaisir d'être mère. Julien..* mon fils, mon cher fils, mes bras te sont ouverts ; crains-tu de t'y précipiter? ( Julien balance») Julien ! ,
( Il se jette danA ses bcas. )