SCENE VI
occupée de ses propres affaires , ne se mêlera plus des tiennes : c'est charmant, mon bon ami.
THÉVENIN, levant.
Il est vrai que je l'ai un peu négligée.
DURVAL.
Et c'est tout simple. Sa femme! toujours sa femme! ^
THiÉVENIN, révanL
Elle est bien, ma femme.
DURVAL.
Très-bien.
THÉVEIf JN.
Mais elle est sage.
DURVAL.
N'importe. Je m'aperçois qu'elle a besoin d'un consolateur, et puis je n'ai que vingt-cinq ans , et je peux justifier ces fortes passions dont tu parlais tout à l'heure, ces passions qui déterminent une femme honnête à se rendre.
THÉVENIN
Oui , ces femmes honnêtes qui se manquent à ellesmêmes, qui outragent leurs époux, qui oublient leurs enfans.
DURVAL.
Oh ! ce sont de ces réflexions que nous &isons quelquefois, nous autres hommes; mais qui n'échappent jamais qu'aux femmes indifférentes.
THÉVENIlf.
C'est-à-dire, que la mienne ne l'est plus?
durvàl.
Mais, je mq plaU à le croire.
THÉvEiriir.
Moi, j'aime à me persuader le contraire. Dunral, vous êtes fort aimable, mais....
DURVAL.
Ta femme a déjà eu la bonté de me le dire.
THiVEIfIN.
Vous en êtes aux déclarations?
DURVAL.
Depuis quelques jours , nous nous sommes tout dit.
THiVETflN.
Vous en êtes donc...
DURVAL, en riant.
Oh! nous en sommes.... nous en sommes....
THÉVENIN
Parbleu! je prétends le savoir.
DURVAL.
Eh , mon dieu ! que t'importe ?
THÉVENIir.
C'est un peu fort , monsieur Durval.
DURVAL.
Allons , ne va-t-il pas être jaloux sans amour , et , seulement pour me contrs^rier; me punir de la confidence que je lui ^i faite, uniquement pour rassurer sa conscience timorée? Que de maris seraient enchantés de pouvoir couvrir leurs erreurs des peccadilles de leurs femmes!