SCENE XL
d'une mère qui rompt ses premiers nœuds , au moment où mon retour à la vertu «dlait répandre sur ses jours le bonheur et la paix? Tu t'attendris.... tu .détournes les yeux... ton cœur m'entendrai t-il encore? L'ardeur qui pénètre mon ame a-t-elle passé dans la tienne ? Vois ton époux ; il est à tes pieds. Toi \ qui m'as tant aimé , veux-tu me réduire au demiet désespoir?... Régarde -moi , par grâce ; que ces yeux si séduisans et si doux se tournent encore sur lés miens ; que j'y lise mon pardon , et que nos premiers feux âe rallument, pour ne s'éteindre jamais.
LA. GITOTENITE THÉVENlUf 9 attendue jnsqu^aux larmes.
Thévenin , mon cher Thévenin , je souffre de votre douleur : c'est tout ce que je puis.
TmÉVEiriN. Pendant ce conplet , sa femme hii ouvre insensiblement
ses bras.
Âh! ce n'est pas une compassion stérile qui fait couler tes larmes ; la plus douce émotion se peint dans tous tes traits.... Non, jamais tu ne me seras étrangère; tu n'en as ni la force ni la volonté ; ton ressentiment cède à mes remords ; tes bras s'ouvrent encore pour moi , et je retrouve mon épouse.
(Il se jettedads ses bras.) LA CITOTEHNE THÉVENIIT.
Elle n'a pas cessé d'être à toi.
.Quoi! ce divorce....
c LA CITOTElfNE THÉVENÏN.
Il est supposé.
THEVENIN
jCet amour de Durval....
LA CITOTEWTNB THÉVEJST tW.
U adore ta fille.
T H É VE N I ir.
Ah ! tout est expliqué. Quel service vous' m'avez rendu ! Je l'avoue en rougissant , cette leçon est humiliante ; mais elle était nécessaire. Je m'en souviendrai , ma chère et tendre amie ; ma reconnaissance , mon amour, ma fidélité te prouveront quelle est toujours présente à ma mémoire.
LA CITQYETSUSB THEVENIIT.
Mon ami, je te crois sincère en ce moment: les sentimens que tu exprimes sont ceux d'une ame honnête , rendue à sa pureté première. Jetons un coupd'œil sur le passé pour n'y jamais revenir. Depuis quelques années , quelle est ton existence ? où sont tes amis ? Qu'est devenue l'estime publique , sans laquelle un homme ne peut vivre? Incapable de penser, au milieu du tourbillon où t'égaraient tes désirs aveugles , tu n'as pas vu les gens honnêtes s'éloigner insensiblement de toi ; tes concitoyens , qui t'accordent des talens , te refuser leur confiance ; tu ne t'es pas aperçu que tu vivais seul, isolé, sans considération, sans autre appui qu'une imagination effervescente qui t'étourdissait sur ton état. Un seul être te restait. Victime de tes erreurs, cet être infortuné pleurait son propre abandon, ta nullité profonde; suivait tous tes mouvemens, et attendait, en silence, le moment où des passions tumultueuses te permettraient