‹ Œuvres complètesChapitre 342 sur 414 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

de réfléchir... {Thé\^emnfait un moiwement.) Je t'afflige ; pardon , mon bon ami , pardon. C'est malgré moi ; c'est la première fois, ce sera la dernière; mais je veux te rendre à la vertu, à la vertu sans laquelle il n'est pas de société , et qui repose sur les mœurs. Oui , les mœurs sont à la vertu ce qu'est la vie à la nature.

THÉVENIW.

Poursuis, poursuis, femme étonnante et trop longtemps méconnue.

LA CITOTENWE THÉVENIW.

Compare ton existence passée aux jouissances pures et simples qui te sont réservées. Le lien conjugal n'est doux , l'amitié n'a de charmes qu'autant qu'ils associent, des êtres vertueux, animés du désir sincère de contribuer à leur bonheur réciproque. Quel plaisir de se rendre heureux soi-même de la félicité des autres; de jouir des bienfaits que l'on répand sur eux ! Ce plaisir se renouvelle à chaque instant de la vie pour le bon époux, le bon père, le bon ami; il lit le contentement et la joie dans les yeux de sa femme, de ses enfans, de ses amis; tout ce qui l'environne partage ses plaisirs et ses peines, et lui présente l'aspect touchant de la paix et du bonheur. Chéri, considéré', respecté, tout le ramène agréablement sur lui-même. Heureux par ses mœurs , fort par sa vertu, sa félicité est indépendante des orages; elle est établie sur des bases inaltérables. Mon ami , nous nous sommes tout dit : jetons un voile épais sur des souvenirs fâcheux que nous avons intérêt d'éloigner

l'un et l'autre ; que le sentiment soit désormais notre guide ; ne regardons plus derrière nous , et vivons dans Tavenir. Reprens cette gaîté franche et naïve, cet air riant et ouvert qui annoncent un homme content de lui. Tu parais timide, embarrasse. Allons, mon ami , du courage. Prouve à ta femme , à ta meilleure amie que tu l'aimes encore, en oubliant tout, comme elle a tout oublié.

( Us s^enibncBsent. ) THÉVENIN.

Dispense- moi de parler; mon ame , repliéjB sur ellemême, suffît à peine à ses sensations.

LA CITOTEiriï^E THÉVEIîIN, souriant et le condaisant

à rottomane.

Une chose m'inquiète, maintenant : ces ènfans me feront peut-être une querelle , mais une querelle !

THÉVENIJV.

Comment donc ?

LA CITOYENNE THÉVENIN

J'avais promis de me taire encore, de prolonger

une épreuve ( Thé^^enin fait un geste* ) J'ai senti

qu'elle était inutile. Tu souffrais; je t'aime; pouvaisje garder le silence ? Les voici.

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