ACTE I, SCENE IV. 5i
graphie, et, d'après mes observaliotis , nous devons être dans les gorges d'Aguilar, bordées, d*un côté, par des ravins qui reçoivent les eaux des torrens , et de l'autre , par des rochers qui s'élèvent i pic jusque dans les nues. Nous ne pouvons sortir de ce défilé qu'en traversant la petite ville d'Urgel.
MICHEL
Hé bien, nous la traverserons cette nuit.
ROBERT
Et si nous y trouvons un détachement ennemi ?
Nous tomberons sur la sentinelle, et nous l'étoufferons; nous surprendrons la garde, nous regorgerons, et....
ROBERT
Avec quoi ?
MICHEL
Avec ses propres annes , et nous sortirons de cette bourgade , après avoir coupé les oreilles à qui aura voulu nous résister.
ROBERT
Superbe dénouement !
MICHEL
Dénouement à la française.
DUBREUIL, «'écriant:
Eh, voici une caverne qui paraît avoir de la profondeur.
ROBERT
Entrons-y. Nous y serons plus fraîchement et plus en sûreté qu'ici.
5i6 LES EMPIRIQUES. '
MICHEL
Entrons, soit.
HOBERT.
Dormonsry ,.si nous pouvons dormir, et, au réreil^ nous dirons avec le proverbe : Qui dort dîne. -
'( Il entre avec Dnval. )
MICHEL, regardant le soleil.
A peu près six heures de jour encore!
DUBREUIL
C'est-à-dire, encore six heures d'impatience et d'inquiétudes.
MICHEL
Non , mon ami , six heures de repos. Nous avons dormi sur le champ de bataille; nous nous trouverons au mieux dans cet enfoncement.
SGÈNE V.