‹ Œuvres complètesChapitre 358 sur 414 · ACTE I, SCÈNE V. Siy · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V. Siy

MICHEL

Camarades, arrêtez. Cette femme e^t seule dans ce désert: raison de plus pour la respecter. Elle est peut-être infortunée; nous devons la plaindre et la consoler. Des Français n'abusent .pas. de la faiblesse et du malheur.

A L V A R 9 «^approchant.

Non, dignfô Français, vous n'abuserez pas de notre situation.

( Lecoort aperceyant Alyar , descend précipitamment. ) AIICH£L.

Nous en sommes incapables* Mais étiez-vous seuls dans cette caverne?

A.LVAR.

Seuls,

ROBERT

A la bonne heure*

ALVAR

Vous voyez une jeune personne d'Urgel qui fuit les persécutions d'un père injuste , et que je conduis chez une parente à une lieue d'ici.

' MICHEL

Vous voyez dés Français qui combattaient pour leur liberté. La trahison les a fait tomber dans les fers, et ils brisent leurs fers par amour de la liberté.

ALVAR

Puissiez-vous réussir, braves soldats! Continuez votre route; nous allons reprendre la nôtre.-

ROHERT.

Non pas, s'il vous plaît. Vous resterez avec nous, de peur d'accident.

5f8 LES EMPIRIQUES.

MICHEL

Nous sommes Français; vous êtes Ëspagilols^ et une indiscrétion....

ÀLVAB.

Les yertus soiiÉt de tous les climats. U est partout des hommes qui savent compatir au malheUr.

MICHEL

Jeune homme, votre âge est celui de ta fran^diise, et je vous crois incapable de dissimuler. Cependant vbttà avez notre secret , et si nous vous laissons partir, notre sort est entre vos mains.

ROBERT, DUBRÊUIL, DtVAL, LECOtJRT.

Non , non , ils ne partiront pas.

LJÉOTfORE.

De grâce , ayez pitié de nous !

ALVAR

Voyez l'état affreux où vous la réduisez.

LÉONORE, à Michel.

Je ne rougis pas d'embrasser vos genoux. Epargnez une infortunée que vous ne pouvez craindre, et dont vous allez faire le malheur.

DUBREUIL, d'an ton d'amatenr.

Qu'elle est toucliante dans les larmes !

MICHEL, avec sévérité.

Soldats français, quelles idées vous occupent en ce moment?

LÉONORE, avec timidité.

Ce jeune homme est mon amant.

ROBERT

Cela va sans dire.

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