ACTE, I, SCÈNE V
DEJlCOtltlT,
Des misères!
CHAMPAGNE
Qui ne laissent pas de m'inquiéter. Ces drôles -là me tourmentent, m'excèdent, et il n'y a pas de jour cil je n'aie besoin de tout mon génie pour les éconduire* C^ matin e|icore,n'ai-je pas rencontre ce malheureux bijoutier dont vous avez arrêté le mémoire? Il m'a forcé à en prendre le double que voici , et je n'ai pu m'en débarrasser qu'en lui tournant les talons , et en gi^^^oant cette nbuvélle demeure qu'il ne connaît pas, dieu merci.
DERCOURT.
Quelque jour je te récompenserai.
' CHAMPAGNE
Mais, en attendant, je suis en butte aux attaques de ces gens-là. Aujourd'hui même j'attends un huissier qui a contrainte contre moi, et par corps.
Comment cela ?
CHAMPAGNE
C'est votre parfumeur, à qui vous devez six cents francs. Six cents francs à un parfumeur î Et vous m'avez forcé à prendi^e des engagements , sous le prétexte que j'avais perdu au jeu le montant du mémoire.
DfiRCOURt.
Puis -je, sans me dégrader, demander du temps pour de semblables vétilles ?
6o CONTRE-TEMPS SUR CONTRE-TEMPS.
GHAMPAGITE.
Puis- je, sans me déclarer mon ennemi juré, aller en prison pour vous ?
DERCOURT.
Tu n'iras pas en prison , imbécille.
CHAMPAGNE
Je serai donc bien adroit. Vous êtes toujours confiant; mais aujourd'hui il est si difficile de faire quelque chose avec rien!
. DERCOURT.
Te voilà : tantôt espérant sans motif; tantôt reje- • tant les espérances le mieux fondées.
GHAMlPAGir^.
Mais quelles ressources aurons^nous, si....
DERCOt/RT.
J'ai un oncle en Amérique.
Qui ne vops a jamais vu, et qui ne vous connaît que par vos extravagances?
DERCOURT.
Cet oncle est riche.
CHAMPAGNE
Oui; mais il vous a déshérite.
DERCOURT.
Son amitié m'était plus chère que sa fortune. Au reste, je ferai ma paix avec lui.
CHAMPAGNE
J'en doute.