DUVAL, L'AUBERGISTE
l'aubergiste.
Le seigneur Carlos soupe- t-il ?
ROBERT
Certainement. Ai-je l'air d'un homme qui ne soupe pas?
MICHEL
Vous ne connaissez pas le docteur. Il n'est pas partisan de la diette; il fait très-exactement ses quatre repas.
ROBERT, à Michel.
Allez , mon ami ; retournez à votre ouvrage , et perdez l'habitude de vous mêler ainsi à la contrersation. Vous répondrez quand je vous interrogerai , entendez-vous , Domingo ?
MICHEL, à paît.
Ah! je m'appelle Domingo; je tacherai de m'en souvenir.
ROBERT
Dites-moi, ma bonne, fait -on grande chère chez vous? Ce que vous nous avez servi n'avait rien que de très-ordinaire.
l'aubergiste.
Vous ne vouliez que vous rafraîchir. D'ailleurs , on ne vous attendait pas; mais vous serez content du souper.
ROBERT
A la bonne heure. Je né regstrde pas à Targent;. mais je veux être bien ^ervi. Cuisine à la française?
t'/ltJfiEÎlGiSÏÉ.
A la française. "Vous ti'àvei personne ? Il ne faut qu'un couvert?
R G B £ R T I embanrMBét
Qu'un couvert?.... Pardonnez-moi.... je.... j'admets* mes gens à ma table.
l'a.UB£RGISTE.
A votre table!
ROBERT
Tous no» momens sont consacrés à l'ait* Nous travaillons à une découverte importante, et nos repas sont autant de dissertations qui tournent au profit de l'humanité. Cinq couverts» Pensons maintenant au coucher.
l'aubergiste.
Je loge votre seigneurie dans cette chambre. (^Montrant la porte à sa droite») L'ameublement n'est pas très-frais ; mais il est de la plus grande richesse. U vient du duc d'Olivarès.
ROBERT
Allons, je m'arrangerai du lit du duc d'Olivarès. Et mes gens? Vous les mettez dans oettfe autre chambre ?
Non pas. C'est la chambre du seigneur Alvar, jeune homme de Guipuscoa, qui était retenu ici par l'amour, et dont la maîtresse a été enterrée ce matin.