‹ Œuvres complètesChapitre 371 sur 414 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

li promène sans doute sa douleur dans les rochers voisins de la ville; mais je crois quil renti:*ôra ce soir. C'est une histoire touchante; je vais vous la. raconter.

ROBERTi

Je \oM en dispense. Au reste ^ ne dérangeons pas le seigneur Alvar : respectons son domicile. Cependant, il faut que mes gens soient couchés convenablement.

l'aubergiste.

Je \eê mettrai aux mansardes.

ROBERT

Aui mÉnsai^deft l e'est tnen mesquin. *

L'itUBERÔISTE.

IjCS gens du général Rabbi y ont couché il y a huit jours.

ROBERt.

Il a donc passé ici pour s'aller faire battre par les Ffancàis?

l'aubergiste.

Non pas; il en revenait, et faisait sa retraite en poste.

Va dkmc pour les maïuardes. A propos , avez-vous mis mon tableau à la porte ?

l'aubergiste.

iVingt personnes l'ont déjà lu.

ROBERT

c'est bien; c'est fort bien; c'est au mieux. J'ai vu le corrégidor , et j'ai obtenu son agrément pour ener-

54o LES EMPIRIQUES.

cer impunément la médecine dans Urgel. Il n'est pas mal bête votre corrégidor.

l'aubergiste.

C'est ce que tout le monde dit ; mais il est riche.

ROBERT

Et avec de l'or on s'affuble d'une grande charge qu'on remplit petitement.

l'aubergiste.

C'est cela.

ROBERT

C'est uii moyen à peu près sûr de mettre les sots en place, car, ordinairement, le mérite n'est pas opulent. Ah ça, dites-moi, le pays est-il abondant?

l'aubergiste.

En denrées?

ROBERT

En maladies.

l'a ubergiste.

Autrefois on s'y portait à merveille; mais depuis que les armées sont dans les environs, toute la ville a la fièvre.

ROBERT

C'est charmant. Je traiterai toute la ville. Fièvres continues, fièvres intermittentes, fièvres putrides, fièvres inflammatoires , n'est-il pas vrai ?

l'aubergiste.

Mais il y en a de toutes les façons.

ROBERT

G est à merveilles. Et sans doute vous avez beaucoup de médecins ?

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