ACTE III, SCÈNE V
Il m'en coûte autant qu'à vous.
* LEONORE
Ces Français sont en sûreté. Prévenons les bruits publics, et obtenons le pardon de notre supercherie.
LE CORREGIDOR
Mais parlez donc plus haut, si vous voulez que je vous entende.
ALVAR
De grâce, écoutez-nous.
LE GOURÉGIDOR.
Je le veux bien, moi; parlez.
ALVAR
Je ne sais par où commencer.
LE GaRRÉGIDOR.
Eh, parbleu! par le commencement. Parlez donc! qu'est-ce que tout cela signifie?
MARGUERITE
Cela signifie que votre fille n'est pas morte; qu'elle n'a pas même été malade, et que c'est moi qui ai tout conduit.
LE GORREGIDOR.
Qu'est-ce que c'est que ces fariboles? N'ai -je pas été à son enterrement? N'étais-je pas à sa résurl'ection? Prétend-on m'en faire accroire? Me prendon pour un imbécille?
Allons , il n'en démordra pas.
59» LKS EMPIRIQUES.
ALVAR
On vous a dit l'exacte vérité. G>nfirmez le consentement que je vous ai surpris.
LE COaREGIDOa.
C'est'à-dire que vous voulez absolument que ma fîlle ne soit pas morte ! En ce cas , le contrat est nul : son rival la prenait sans dot, diable!
MARGUERITE
Et si je vous donne un moyen de la doter sans rien débourser? *
LE GORREGIOOR.
Je l'adopte, foi de magistrat.
MARGtJERrTÊ.
Donnez-lui votre charge; le public y gagnera, et vous vous reposerez.
LE COKRJiGlIlOR.
Le public y gagnera !.;* Je crois que vous me manquez, ma mie.
LÉONORE
Elle veut dire qu'Alvar, plus jeune, suivra les affaires avec plus d'activité.
LE CORRÉGIDOR
A la bonne heure. Allons, je donne ma charge, sur laquelle je me réserve une pensionT
MARGUERITE
Eh, morbleu! faites les dioses de bonne grâce. Les évènemens de cette journée nous rappelleront que nous avons été un peu empiriques : mais qui ne Test pas quelquefois en sa vie?