‹ Œuvres complètesChapitre 57 sur 414 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

DERCOURT, CHAMPAGNE, Ma^dame VERVAL,

ROSE

MADAME VERVAL, àRose.

Monsieur Dupré écrit , monsieur Dupré veut trouver son neveu.

ROSE

Et monsieur Dupré le trouvera.

CHAMPAGNE

J'en doutc^.

Et pourquoi?

CHAMPAGNE

C'est qu'il a plus d'intérêt encore à se cacher , que son oncle à le découvrir. Madame , voilà monsieur Dercourt, mon maître, que j'ai l'honneur de vous présenter.

MADAME VERVAL, «ouriant.

Je ne crois pas que monsieur ait compté sur la protection de Champagne , et je suis bien aise de lui dire qu'il n'a besoin de celle de personne.

DERCOURT.

Ce que vous me dites de flatteur, madame, encouragerait un jeune homme comme il en est tant aujourd'hui ; mais une timidité , dont je ne suis pas maître auprès de vous....

MADAME VERVAL

Je vous sais bon gré d'être timide, cela prouve voire

honnêteté et vos principes. Je suis fâchée seulement que cette timidité semble vous éloigner d'une voisine qui vous voit avec plaisir , et qui , sans avoir eu avec vous de conversation bien suivie , croit cependant pouvoir vous estimer.

r ROSE, à Champagne.

Voilà le combat engagé.

CHAMPAGNE, à Rose.

La victoire est douteuse.

MADAME VERVAL

Rose, votre conversation peut être très-agréable, pour vous ; mais vous m'obligerez en la continuant plus loin.

DERCOURT, avec embarras.

Ah ! madame , quel délicieux moment je dois à vos bontés !

MADAME VERVAL

Que vous deviez cet entretien à mes bontés , ou au hasard , je ne vois pas , monsieur, ce qui peut causer votre embarras.

DERCOURT.

La crainte de vous déplaire, madame...

MADAME VERVAL

Quand vous me déplairez, monsieur, je prendrai lu liberté de vous le dire.

DERCOURT.

C'est ce qui m'arriverait peut - être , si vous connaissiez bien l'état de mon cœur.

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