ACTE II, SCENE XI. io
'Sommes si souvent trompés , nous autres honnêtes marchands!
CHAMPAGI^E.
A la bonne heure ; mais sachez que nous ne ressemblons pas aux gens que vous avez habitude de rudoyer.
Je le crois , monsieur Champagne.
CHAMPAGNE
On vous le prouvera , monsieur Dufour.
DUFOUR
Tan suis convaincu.
CHAMPAGNE
Voyons cet écrin. ( // rompre, ) Que signifient ces antiquailles ? Des pierres ternes , sans effet , et perdues dans un tas de vaisselle....
DUFOUR
Elles résisteront davantage.
CHAMPAGNE
£t vous demandez de cela ?
DUFOUR
Trente mille francs, je vous l'ai dit.
DERCOURT.
Si on vous en montrait moitié ?
DUFOUR
Un écu de moins, je ne puis les laisser; c'est en conscience.
CHAMPAGNE
Oh ! votre conscience ! Et quand on en douterait un peu , que diriez*voiis , monsieur Dufour, vous qui
io6 CONTRE-TEMPS SUR CONTRE-TEMPS.
croyez si difficilement à celle d'autrui ?.... Nous i^ sommes pas lapidaires, nous ne sommes pas mar* chands.... Qui nous garantira la valeur de ces pierres
DUFOUR
Faites-les voir.
CHAMPAGNE
J'y manquerai , n'est-ce pas ? Je vais chez le bijo* tier du coin.
DUFOUR
Nous irons ensemble , monsieur Champagne,
CHAMPAGNE
Je serais désespéré d'y aller seul. Qui sait ? je su peut-être homme à disparaître avec l'écrin ?
DUFOUR
Je ne dis pas cela.
CH AMPAGNE.
Non , je veux vous mettre à votre aise. La fran chise , monsieur Dufour , la loyauté ^ je ne connaii (jue cela. Etes- vous prêt?
DUFOUR
Je vous suis.
CHAMPAGNE
Monsieur Dercourt, je vous ai remis votre porte feuille.
DERCOURT.
Le voilà.
CHA MPAGNE.
Partons. Vous ne doutez pas de la délicatesse d^ monsieur. Tous les bijoutiers du monde viendraien pendant notre absence , qu'il aimerait mieux vous te