‹ Œuvres complètesChapitre 7 sur 414 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

MADA.ME GERVAL.

Germon est son ami.

ROSE

Leur amitié fait l'éloge de tous deux.

MADAME GERVAL , avec ime eipÀot àt timidité.

Ton oncle veut que je me marie.

R G s £ 9 avec effroi.

Ciel! c'est à Germon?...

MADAME GERVAL.

A lui-même. (Jtose tombe dans les bras de sa mère.) Rose, ma chère Rose.... Malheureuse!.... ma fille est ma rivale !

ROSE, revenant à die.

Maman, je crois.... que la surprise.... Germon se< ra ton mari. Epouse-le, je t'en conjure.

MADAME GERVAL.

Ah! ma fille!... ma fille! qu'ai-je appris!... Mon cœur vient de se révolter contre toi , je l'avoue. L'amour l'a surpris un moment. J'expierai ma fai* blesse, et je la réparerai.

ROSE, te jetant dans ses bras.

Laisse-moi . cacher ma rougeur dans ton sein. Ma bonne mère, je t'afflige, et j'en suis au désespoir. Je venais me confier à toi, et j'étais loin de eroire que j'allais troubler ton repos. Pardonne-moi, maman, pardonne-moi; je saurai souffrir et me taire.

Mon enfant, ton âge n'est point celui des sacrifices, et à qui en ferai-je, si ce n'est à toi? Germon s'éloignera. Je ne mettrai p^ sous tes yeux un ta-

bleau que tu ne pourrais supporter. Tu seras ma confidente, je serai la tienne, et nous nous consolerons mutuellement.

ROSE

Non, ma mère, non, ma bonne amie, tu ne te sacrifieras pas.

MADAME GERVAL.

Un sacrifice est toujours doux, quand on le fait à ce qu'on aime.

ROSE

Quoi ! ma mère, toi, jeune et jolie; toi qui lui as plu , à qui il a su plaire , tu renoncerais au bonheur que tu te promettais! Non, je dois être aussi généreuse que toi; je le serai, et je le jure par.... par la tendresse que tu m'inspires, et que tu justifies si bien.

MADAME GERVAL, d*uii ton sérieux.

Rose, écoutez-moi, et ne m'interrompez plus, je l'exige. Votre oncle m'a proposé Germon , et je lui ai promis ma main , après lui avoir reconnu ces mêmes qualités qui vous ont séduite. J'ai pour lui plus que de l'amitié, mais je suis loin du sentiment qui vous subjugue. J'ai étudié votre caractère; je connais votre extrême sensibilité; je serai maîtresse de la mienne. Mon parti est pris , n'en parlons plus.

Le mien l'est également. Pense que je n'ai que quinze ans.

MADAME GERVAL.

Votre cœur en a vingt»

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