ACTE II, SCENE XII. T
nonce un homme qui ne s'occupe que d'objets majeurs. Ce porte-feuille , qu'il avait entre les mains , est une misère pour vous , et je parierais qu'il renferme des sommes....
DERCOURT.
Assez considérables. (^ A part.) Me voilà pris.
DUFOUR
Cinquante mille francs au moins ?
DERCOURT.
Mais, je le crois.
Ce que c'est qu'une ame désintéressée! Ne pas connaître précisément vos richesses !
DERCOURT.
A mon âge on ne calcule pas.
DUFOUR
Vous vous mariez cependant.
DERCOURT.
On doit quelque chose à la société.
DUFOUR
Et vous vous donnez à une douairière ?
DERCOURT.
Il est vrai , c'est une veuve.
DUFOUR
Vieille, selon l'usage?
DERCOURT.
Jeune , belle et riche.
DUFOUR
La fortune vous traite en enfant gâté. ( // veut prendre le porte-feuille , Dercourt le retire.) Savez-
vous qu'à votre âge, il y a du mérite à avoir cinquante mille francs en porte-^feuilie ?
DERCOUBT.
Ce n'est point un mérite quand on est sans passions.
D UF O U R 9 recommençaBt le même jea.
C'est un joli meuble qu'un porte-feuille; on a sa fortune dans sa poche ; on la voit s'accroître sans la perdre de vue : à peine a-t-on conçu une spéculation , qu'on l'exécute....
DERCOURT, continaant le même jea.
Oui , cela est fort agréable.
DCFOUR.-
Je suis persuadé que vous ne savez pas tirer parti de vos avantages. Si j'avais vos fonds entre les mains...
( Même jeu. ) DERCOURT.
Vous feriez d'excellentes affaires....
(Même jeu.) D U F G U R 9 même jeu.
Voyons donc, monsieur Dercourt. C'est toujours une jouissance de palper de bons effets , même quoiqu'ils ne nous appartiennent pas.
DERCOURT, même jeu.
C'est un plaisir bien froid.
DUFOUR
Vous pourriez m'en procurer un plus vif. En attendant le retour de Champagne, vous devriez me payer ces malheureux quatre mille francs.