ACTE II, SCENE XII. m
( A paru ) Ahie , ahie. ( Haut. ) Nous finirons tout à la fois.
DUFOUR
Pourquoi? vous vous amuserez à compter, moi à recevoir , cela fait passer un moment.
DERCOURT, à part.
Son acharnement m'embarrasse à un point....
DUFOUR, à ptrt.
Sa résistance ne me parait pas naturelle.
DERCOURT.
Vous tenez furieusement au métal, mon cher Dufour.
DUFOUR , avec inquiétade.
C'est à peu près le seul plaisir qui reste à un homme de mon âge.
DERCOURT, voulant détourner la conversation. ^
Et l'hymen? vous en connaissez les douceurs?
DUFOUR, avec humeur et inquiétude.
Il y a vingt ans que je n'en connais que les dégoûts.
DERCOURT.
Vous êtes père, et cela vous dédommage....
DUFOUR, de même.
Pas du tout. Je n'ai qu'une nièce qui ne veut pas me voir.
Cela est affreux.
DUFOUR, de même.
Et qui croit valoir mieux que moi, parce que son mari av^it en Amérique une habitation considérable.
1 1 a CONTKE-TEMPS SUR CONTRE-TEMPS.
DERGOURT, avec plus' d'attention.
En Amérique!
DU FOUR, de même.
Elle a changé de domicile, sans doute pour m'éviter; mais je la trouverais si je voulais.
DERCOURT.
Facilement : elle doit être connue.
D U F G U R , de même.
Parbleu, je le crois bien, madame Ver val!
DERCOURT, s'écrîant.
Madame Verval !
D U F G U R , de même.
Je possède deux cent mille écus, et je ne lui laisserai pas seulement la valeur de ce porte-feuille.
( D vent s'en saisir. ) DERCOURT, retirant le porte-fenille.
Vous ferez bien.
D u F G u R , très-inqniet.
Monsieur Champagne tarde bien à rentrer.
DERCOURT.
Effectivement.
D u F G u R , riant d'un rire forcé.
Je pense je pense je pense
DERCOURT.
Qu'avez- vous donc, monsieur Dufour?
DUFGUR.
Je ris d'une petite espièglerie qui me passe par la tête. Il serait plaisant que Champagne eût vidé le porte-feuille avant de vous le rendre, et qu'il fût décampé avec votre argent et mes bijoux.