VU
Il est bien plus aisé d'éteindre un premier désir que de satisfaire tous ceux qui le suivent.
La sagesse est ii l'âme ce que la santé est pour le corps.
Les grands de la terre ne pouvant donner la santé du corps ni le repos d'esprit , on achète toujours trop cher tous les biens qu'ils peuvent faire.
Un véritable ami est le plus grand de tous les biens , et celui de tous qu'on songe le moins à acquérir.
Les amants ne voient les défauts de leurs maîtresses que lorsque leur enchantement est fini.
14i MAXIMES.
La prudence et l'amour ne sont pas faits Tun pour Taulre; à mesure que Tamour croît , la prudence diminue.
XHI.
Il est quelquefois agréable à un mari d'avoir une femme jalouse; il entend toujours parler de ce qu'il aime.
Qu'une femme est à plaindre quand elle a tout ensemble de l'amour et de la vertu !
Le sage trouve mieux son compte à ne point s'engager qu'à vaincre.
Il est plus nécessaire d'étudier les hommes que les livres.
Le bonheur ou le malheur vont d'ordinaire à ceux qui ont le plus de l'un ou de l'autre..
Une honnête femme est un trésor caché ; celui qui- Ta trouvée fait fort bien de ne s'en pas vanter.
Quand nous aimons trop, il est malaisé de rcconnatlre si l'on cesse dé nous aimer.
Il n*est jamais plus difficile de bien parler que quand on a honte de se taire.
Il n'est rien de plus naturel ni de plus trompeur que de croire qu'on est aimé.
Nous aimons mieux voir ceux à qui nous faisons du bien que ceux qui nous en font.
Il est plus diilicile de dissimuler les sentiments que Ton a que de feindre ceux que Ton n'a pas.
Les amitiés renouées demandent plus de soins que celles (jui n'ont jamais été rompues.
Un homme à qui personne ne plaît est bien plus malheureux que celui qui ne plaît à personne.
LA ROCHBFODCAULD. 10
TIREES DES PAPIERS DU DOCTEl'R VALAKT
Les pa&sions ne sont que les divers goûts de Taniourpropre.
I/extrême ennui sert à nous désennuyer,
On loue et on blâme la plupart des choses parce que c*est la mode de les louer ou de les blâmer.
' Ces Maximes ont été publiées pour la première fois par M. Dcpping, en 1820; elles se trouTenl à la suite d'un billet adressé par le duc de la Rochefoucauld à la marquise de Sablé.
Les papiers du docteur Valant sont conservés à la Bibliothèque impériale.