La faiblesse est plus opposée à la vertu que le vice
15. Ce qui fait que la honte et la jalousie sont les plus grands de tous les maux, c'est que la vaiiité ne nous aide pas à les supporter ^
^ Voici la réponse de M"* de Sablé à la lettre contenant l'envoi de ces maximes :
oc C'est votre complaisance plutôt que la mienne qui vous oblige à me faire part de \os Maximes, parce que je n'en suis pas digne. Je vous dirai pourtant, Monsieur, comme si je ne vous disais rien, qu'il me semble que, dans la première maxime, il faudrait expliquer quelle sorte de confiance, parce que celle qui n'est fondée que sur la bonne opinion que l'on a de soi-même, est différente de la sûreté que l'on prend avec les personnes à qui Ton parle.
» La quatrième est merveilleuse, et il n'y a rien de mieux pénétré.
» Sur la buiticme : n n*y a point de vraies grandes qualités, si on ne les met en usage.
» Sur la dixième : Il n'y a rien de mieux trouvé.
D La onzième est bien vraie , car le naturel ne se trouve point où il y a de l'affectation.
» La douzième : Il n'y a rien de si beau ni de si vra'.
» La treizième est très-belle.
» La quatorzième est très-vraie; car le vice se peut corriger par l'étude de la vertu, et la faiblesse est du tempérament, qui ne se peut quasi jamais changer.
» Sur la cinquième : Quand les amitiés ne sont point fondées sur la vertu, il y a tant de choses qui les détruisent, que l'un a quasi toujours des sujets de s'en lasser. »
A LA UÊME.
Ce
Vous me regagnez toujours quand il vous plaît, Madame, et il y a quelque chose de si vif dans les reproches que je vous fais, que j*ai souvent peur de m'y m<^prendre moimême, et de me trouver trop sensible au bien et au mal que je reçois de vous. Quoi qu'il en soit. Madame, je suis touché au dernier point des bontés que vous me faites Thonneur de me témoigner sur ce qui m'est arrivé, et la part que vous y prenez en augmente encore le prix. J'irai vous rendre mes très-humbles devoirs : je vous demanderais mille pardons de m'en acquitter si mal, si vous ne saviez que je n'ai que trop de légitimes excuses *.
' A la suite de ce billet, M. Depping, dans Tédition qu*il a donnée des Œuvres complètes de François, duc de la Rochefoucauld, en 1820, avait joint les maximes que voici tirées, comme la lettre, des Portefeuilles du docteur Valant (Bibliothèque impériale, Résidu de Saint'Germain) :
1. Les passions ne sont que les divers goûts de Tamour-propre.