‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 183 sur 630 · LE BARBIER DE SEVILLE, ACTE IV, SCÈNE T · texte numérisé non relu

LE BARBIER DE SEVILLE, ACTE IV, SCÈNE T

reux : mon avis est qu'épouser une femme dont on n'est point aimé , c'est s'exposer. . .

BARTHOLO

Vous craindriez les accidents ?

BASILE

Hé, hé, monsieur... on en voit beaucoup celte année. Je ne ferais point violence à son cœur.

BARTHOLO

Votre valet , Basile. Il vaut mieux qu'elle pleure de m'avoir, que moi je meure de ne l'avoir pas.

BASILE

Il y va de la vie? Épousez , docteur, épousez.

BARTHOLO

Aussi ferai-je , et cette nuit même.

BASILE

Adieu donc. — Souvenez-vous, en parlant à la pupille , de les rendre tous plus noirs que l'enfer.

Vous avez raison.

BASILE

La calomnie, docteur, la calomnie! 11 faut toujours en venir là.

BARTHOLO

Voici la lettre de Rosine que cet Alonzo m'a remise , et il m'a montré , sans le vouloir, l'usage que j'en dois faire auprès d'elle.

BASILE

Adieu : nous serons tous ici à quatre heures.

BARTHOLO

Pourquoi pas plus tôt?

BASILE

Impossible; le notaire est retenu.

BARTHOLO

Pour un mariage ?

BASILE

Oui , chez le barbier Figaro ; c'est sa nièce qu'il marie.

BARTHOLO

Sa nièce? Il n'en a pas.

BASILE

Voilà ce qu'ils ont dit au notaire.

Ce drôle est du complot : que diable ! . . .

BASILE

Est-ce que vous penseriez...

BARTHOLO

Ma foi , ces gens-là sont si alertes ! Tenez, mon ami , je ne suis pas tranquille. Retournez chez le notaire. Qu'il vienne ici sur-le-champ avec vous.

BASILE

Il pleut , il fait un temps du diable ; mais rien ne m'arrête pour vous servir. Que faites -vous donc?

BARTHOLO

Je vous reconduis ; n'out-ils pas fait estropier tout mon monde par ce Figaro! Je suis seiil ifi.

je vois ce pupitre... et me soutenir effrontément... Ah! il n'y a que Basile qui puisse m'expliquer ceci. Oui,envoyons-le chercher. Holà! quelqu'un .. Ah! j'oublie que je n'ai personne... Un voisin, le premier venu , n'importe. Il y a de quoi perdre l'esprit ! il y a de quoi perdre l'esprit !

Pendant Tentr'acle, le théâtre s'obscurcit : on entend un bruit d'orage exécuté par l'orchestre.

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