‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 187 sur 630 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LE COIMTE; FIGARO , enveloppé d'un manteau, parait a la fenêtre.

FiGABO parle en dehors.

Quelqu'un s'enfuit ; entrerai-je.^

LE COMTE, en dehors.

Un homme?

FIGARO

Non.

C'est Rosme , que ta figure atroce aura mise en fuite.

FIGARO saide dans la chambre.

Ma foi, je le crois... Nous voici enfin arrivés, malgré la pluie , la foudre et les éclairs.

LE COMTE, enveloppé d'un long manteau.

Donne-moi la main. (// saide à son tour.) A nous la victoire!

FIGARO jette son manteaii.

Nous sommes tout percés. Charmant temps pour aller en bonne fortune! Monseigneur, comment trouvez-vous cette nuit ?

Superbe pour un amant.

FIGARO

Oui , mais pour un confident ?... Et si quelqu'un allait nous surprendre ici?

N*es-tu pas avec moi ? .T'ai bien une autre inquiétude : c'est de la déterminer à quitter sur-le-ehamp la maison du tuteur.

FIGARO

Vous avez pour vous trois passions toutes-puis-

santes sur le beau sexe , l'amour, la haine , et la crainte.

LE COMTE regarde dans robscuritê.

Comment lui annoncer brusquement que le notaire l'attend chez toi pour nous unir ? Elle trouvera mon projet bien hardi ; elle va me nommer audacieux.

FIGARO

Si elle vous nomme audacieux , vous l'appellerez cruelle. Les femmes aiment beaucoup qu'on les appelle cruelles. Au surplus, si son amour est tel que vous le désirez , vous lui direz qui vous êtes ; elle ne doutera plus de vos sentiments.

Page 1