‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 193 sur 630 · LA FOLLE JOURNEE · texte numérisé non relu

LA FOLLE JOURNEE

ou

COMÉDIE EN CINQ ACTES ET EN PROSE

REPRiSESlÉK , POUR LA PREMIÈRE FOIS, PAR LES COMÉDIENS FRANÇAIS ORDINAIRES DU KOI, LE MARDI 27 AVRH, 178*.

En faveur du badinagr , Faites grâce A la raison.

( f'aud. de la piicc.)

PRÉFACE

En écrivant celle préface , mon but n'est pas de rechercher oiscusemenl si j'ai mis au théâtre une pièce bonne ou mauvaise; il n'est pius temps pour moi : mais d'examiner SCI upuleusement (et je le dois toujours) si j'ai fait une œuvre blâmable.

Personne n'étant tenu de faiie une comédie qui ressemble aux autres ; si je me suis écarté d'un chemin trop battu, pour des raisons qui m'ont paru solides , ira-l-on me juger , comme l'ont fait MM. tels , sur des règles qui ne sont pas les miennes.' imprimer puérilement que je reporte l'art à son enfance, parce que j'entrepends de frayer un nouveau sentier à cet art , dont la loi première , et peutêtre la seule, est d'amuser en instruisant? Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit.

il y a souvent très-loin du mal que l'on dit d'un ouvrage à celui qu'on en pense. Le trait qui nous poursuit, le mot qui importune reste enseveli dans le cœur, pendant que la bouche se venge en blâmant presque tout le reste : de sorte qu'on peut regarder comme un point établi au théâtre, (ju'en fait de reproches à l'auteur, ce qui nous affecte le pius est ce dont on parle le moins.

11 est peut-ôti e utile de dévoiler , aux yeux de tons , ce double aspect des comédies; et j'aurai fait encore un bon usage de la mienne , si je parviens , en la scrutant , à fixer l'opinion publiquesur ce qu'on doit entendre par ces mots : Qu'est-ce que la décence théâtrale.'*

A force de nous montrer délicats , fins connaisseurs , et d'affecter , comme j'ai dit autre part , l'hypocrisie de la décence auprès du relâchement des mœurs , nous devenons des êtres nuls , incapables de s'amuser et de juger de ce qui leur convient : faut-il le dire enfin ? des bégueules rassasiées qui ne savent plus ce qu'elles veulent, ni ce qu'elles doivent aimer ou rejeter. Déjà ces mots si rebattus , bon lot), bonne compagnie, toujours ajustés uu niveau de

chaque insipide cotterie , et dont la latitude est si grande qu'on ne sait où ils commencent et finissent , ont détruit la franche et vraie gaieté qui distinguait de tout autre le comique de notre nation.

Ajoutez-y le pédantesqiie abus de ces autres grands mots décence et bonnes mœurs, qui donnent un air si important , si supérieur , que nos jugeurs de comédies seraient désolés de n'avoir pas à les prononcer sur toutes les pièces de théâtre, et vous connaîtrez à peu près ce qui garotte le génie , intimide tous les auteurs , et porte un coup mortel à la vigueur de l'intrigue , sans laquelle il n'y a pourtant que du bel esprit à la glace, et des comédies de quatre jours.

Enfin, pour dernier mal , tous les états delà société sont parvenus à se soustraire à la censure dramatique : on ne pourrait mettre au théâtre les Plaideurs de Racine , sans entendre aujourd'hui les Dandins et les Brid'oisons , même des gens plus éclairés , s'écrier qu'il n'y a plus ni mœurs, ni respect pour les magistrats.

On ne ferait point le Turcaret sansavoir à l'instant sur les bras fermes , sous-fermes , traites et gabelles , droits réunis, tailles, taillons, le trop-plein , le trop-bu , tous les imposileurs royaux. Il est vrai qu'aujourd'hui Turcaret n'a plus de modèles. On l'offrirait sous d'autres traits, l'obstacle resterait le même.

On ne jouerait point les fâcheux , les marquis , les emprunteurs de Molière, sans révolter à la fois la haute , la moyenne , la moderne et l'antique noblesse. Ses Femmes savantes irriteraient nos féminins bureaux d'esprit : niaiî quel calculateur peut évaluer la force et la longueur du levier qu'il faudrait, de nos jours, pour élever jusqu'au théâtre l'oeuvre sublime du Tartufe P Aussi l'auteur qui se compromet avec le public pour l'amuser, ou pour l'instruire , au lieu d'intriguer à son choix son ouvrage, est-il obligé de tourniller dans des incidents impossibles, de persillerau lieu de rire, et de prendre ses modèles hors de la société, crainte de se trouver mille ennemis, dont il ne connaissait aucun en composant son triste drame.

tM\KF\CE.

J'ai donc réfléchi que si (iiiultiiie liomme courageux ne secouait pas toute celte poussière , bientôt l'ennui des piétés françaises porterait la nation au frivole opéra-comique, et plus loin encore, aux boulevards, à ce ramas infect de tréteaux élevés h notre honte, où la décente liberté, bannie du théâtre français , se change en une licence effrénée ; où la jeunesse va se nourrir de grossières inepties, et perdre , avec ses mœurs , le goût de la décence et des chefs-d'œuvre de nos maîtres. J'ai tenté d'ôtre cet homme, et si je n'ai pas mis plus de talent à mes ouvrages , au moins mon intention s'est-elle manifestée dans tous.

J'ai pensé, je pense encore, qu'on n'obtient ni grand pathétique, ni profonde moralité , ni bon et vrai comique au théâtre , sans des situations fortes , et qui naissent toujours d'une disconvenance sociale , dans le sujet qu'on veut traiter. L'auteur tragique, hardi dans ses moyens, ose admettre le crime atroce : les conspirations , l'usurpation du trône, le meurtre, l'empoisonnement, l'inceste, dans Œdipe et Phèdre; le fratricide, dans Vendôme; le parricide, dans Mahomet; le régicide, dans Macbeth, etc. etc. La comédie, moins audacieuse, n'excède pas les disconvenances, parce que ses tableaux sont tirés de nos mœurs ; ses SMJets, de la société. Mais comment fi apper sur l'avarice, à moins de mettre en scène un méprisable avare? (Jémas(|uer l'hypocrisie, sans montrer, comme Orgon dans le Tartufe, un abominable hypocrite, épousant sa fille et convoitant sa femme P un homme à bonnes fortunes , sans le faire parcourir un cercle entier de femmes galatiles.' un joueur effréné, sans l'envelopper de fripons, s'il ne l'est pas déjà lui-même?

Tous ces gens-là sont loin d'être vertueux; l'auteur ne les donne pas pour tels : il n'est le patron d'aucun d'eux , il est le peintre de leurs vices. Et parce que le lion est féroce, le loup vorace et glouton, le renard rusé , cauteleux, la fable est-el'.e sans moralité? quand l'auteur la dirige contre un sot que la louange enivre, il fait choir du bec du corbeau le fromage dans la gueule du renard , sa moralité est remplie : s'il la tournait contre le bas flatteur , il finirait son apologue ainsi : Le renard s'en saisit, le dévore; mais le fromage était empoisonné. La fable est une comédie légère , et toute comédie n'est qu'un long apologue -.leur différence est, que dans la fable les animaux ont de l'esprit, et que, dans notie comédie , les hommes sont souvent des bétes , et qui pis est , des bêtes méchantes.

Ainsi, lorsque Molière, qui fut si tourmenté par les sots , donne à ï Avare un fils prodigue et vicieux qui lui vole sa cassette et l'injurie en face, est-Ce des vertus ou des vices qu'il tire sa moralité? Que lui importent ces fantômes? c'est vous qu'il entend corriger. Il est vrai que las afficheurs et balayeurs littéraires de son temps ne manquèrent pas d'apprendre au bon public combien tout cela était horrible! 11 est aussi prouvé que des envieux très-importants, ou des importants très-envieux , se déchaînèrent contre lui. Voyez le sévère Boileau, dans son épître au grand Racine , venger son ami qui n'est plus , en rappelant ainsi les faits :

L'Ignorance et l'erreur, à ses naissantes pièces. En habits de marquis, en robes de comtesses, Venaient pour diffamer son clief-d'renvre nouveau , Et secouaient la tète à'I'endroit le plus beau. Le commandeur roulait la scène plus exacte ; I.e vicomte, indigné, sortait au second acte :

I, un , défenseur /clc des bigots mis en jeu , Pour prix de ses bons mots , 1r condamnait au feu ; {.'{iuive , fougueux majquis , lui déclarant la guerre, Voulait venger la cour, immolée au parterre.

On voit même, dans un placet de Molière à Lotiis XIV, qui fut si grand en protégeant les arts, et sans le goût éclairé duquel notre théâtre n'aurait pas un seul chef-d'œuvre de Molière ; on voit ce philosophe auteur se plaindre amèrement au roi que , pour avoir démasqué les hypocrites, ils imprimaient partout qu'il était tin libertin, un impie, un athée, un démon vêtu de chair, habillé en homme; et cela s'imprimait avec approbation et privilège de ce roi qui le protégeait. Rien là-dessus n'est empiré.

Mais , parce que les personnages d'une pièce s'y montrent sous des mœurs vicieuses, faut-il les bannir delà scène? Que poursuivrait-on au théâtre? les travers et les ridicules ? cela vaut bien la peine d'écrire ! ils sont chez nous comme les modes ; on ne s'en coirige point , on en change.

Les vices, les abus, voilà ce qui ne change point , mais se déguise en mille formes sous le masque des mœurs dominantes : leur arracher ce masque et les montrer à découvert , telle est la noble tâche de l'homme qui se voue au théâtre. Soit qu'il moralise en riant, soit qu'il pleure en moralisant, Heraclite ou Démocrile, il n'a pas un autre devoir : maliieur à lui , s'il s'en écarte! On ne peut corriger les hommes qu'en les taisant voir tels qu'ils sont. La comédie utile et véridique n'est point im éloge menteur , un vam discours d'académie.

Mais gardons-nous bien de confondre cette critique générale, un des plus nobles buts de l'art, avec la satire odieuse et per-sonnelle : l'avantage de la première est de corriger sans blesser. Faites prononcer au théâtre par l'homme juste, aigri de l'horrible abus des bienfaits , tous les hommes sont des ingrats : quoique chacun soit bien près de penser comme lui , personne ne s'offensera. Ne pouvant y avoir un ingrat sans qu'il existe un bienfaiteur, ce reproche même établit une balance égale entre les bons et mauvais cœurs; on le sent, et cela console. Que si l'humoriste répond qii'un bienfaiteur fait cent ingrats; ourépliquerajustement qu'// n'y a peut-être pas un ingrat qui n'ait été plusieurs fois bienfaiteur : et cela console encore. Et c'est ainsi qu'en généralisant, la critique la plus amère porte du fruit, sans nous blesser ; quand la satire personnelle, aussi stérile que funeste, blesse toujours et ne produit jamais. Je hais partout cette dernière, et je la crois un si punissable abus , que j'ai plusieurs fois d'office invoqué la vigilance du magistiat pour empêcher que le théâtre ne devînt une arène de gladiateurs , où le puissant se crût en droit de faire exercer ses vengeances par les plumes vénales , et malheureusement trop communes, qui mettent leur bassesse à l'enchère.

iN'ont-ils donc pas assez , ces grands , des mille et un feuillistes, faiseurs de bulletins, afficheurs, pour y trier les plus mauvais, en choisir un bien lâche, et dénigrer qui les offusque ? On tolère un si léger mal , parce qu'il est sans conséquence, et que la vermine éphémère démange un instant et périt ; mais le théâtre est un géant (jui blesse à mort tout ce qu'il frappe. On doit réserver ses grands coups pour les abus et les maux publics.

Ce n'est donc ni le vice, ni les incidents qu'il amène, qui font i'iiidiVenre lluVitralo; mais le défaut de leçons et tic

moralité. Si l'aiitenr, ou faible ou timide, n'ose en tirer de sou sujet , voilà ce qui rend sa pièce équivoque ou vicieuse.

Lorsque je mis Eugénie au théâtre (et il faut bien que je me cite , puisque c'est toujours moi qu'on attaque), lorsque je mis Eugénie au théâtre, tous nos jurés-crieurs à !a décence jetaient feu et flamme dans les foyers , sur ce que j'avais osémontier un .seigneur libertin, habillant .ses valets eu prêtres, et feignant d'épouser une jeune personne qui paraît enceinte au théâtre, sans avoir été mariée.

Malgré leurs cris , la pièce a été jugée , sinon le meilleur, au moins le plus moral des drames , constamment jouée sur tous les théâtres, et traduite dans toutes les langues. Les bons esprits ont vu que la moralité , que l'intérêt y !iaissaient entièrement de l'abus qu'un homme puissant et vicieux fait de son nom, de son crédit, pour tourmenter une faible fille, sans appui, trompée, vertueuse et délaissée. Ainsi tout ce que l'ouvrage a d'utile et de bon naît du courage qu'eutl'auteur d'oser porter la disconvenance sociale au plus haut point de liberté.

Depuis , j'ai fait les deux Amis , pièce dans laquelle un père avoue à sa prétendue nièce qu'elle est sa fille illégitime : ce drame est aussi très-moral , parce qu'à travers les sacrifices de la plus parfaite amitié, l'auteur s'attache à y montrer les devoirs qu'impose la nature sur les fruits d"nn ancien amour, que la rigoureuse dureté des convenances sociales, ou plutôt leur abus, laisse souvent sans appui.

Entre autres critiques de la pièce, j'entendis dans une loge, auprès de celle que j'occupais , un jeune important de la cour qui disait gaiement à des dames : « L'auteur, .< sans doute, est un garçon fripier qui ne voit rien de « plus élevé que des commis des fermes et des marchands » d'étoffes, et c'est au fond d'un magasin qu'il va cher- « cher les nobles amis qu'il traduit à la scène française ! » Hélas! monsieur, lui-dis-je en m'avançant, il a fallu du moins les prendre où il n'est pas impossible de les supposer. Vous ririez bien plus de l'auteur, s'il eût tiré deux vrais amis de l'Œil-de-Bœuf ou des carrosses? Il faut bien un peu de vraisemblance , même dans les actes vertueux. Me livrant à mon gai caractère, j'ai depuis tenté , dans le Barbier de Séville, de ramener au théâtre l'ancienne et fiancbe gaieté, en l'alliant avec le Ion léger de notre plai- .^anterie actuelle : mais comme cela même était une espèce de nouveauté, la pièce fut vivement poursuivie. Il semblait que j'eusse ébranlé l'Étal ; l'excès des pi écautions qu'on prit, et des cris qu'on fit contre moi, décelait surtout la frayeur que certains vicieux de ce temps avaient de s'y voir démasqués. La pièce fut censurée quatre fois , cartonnée trois fois sur l'affiche à l'instant d'être jouée , dénoncée même au parlement d'alors ; et moi , frappé de ce tumulte , je persistais à demander que le public restât le juge de ce que j'avais destiné à l'amusement du public. Je l'obtins au bout de trois ans, après les clameurs, les éloges ; et chacun me disait tout bas : Faites-nous donc des pièces de ce genre , puisqu'il n'y a plus que vous qui osiez rire en face.

Un auteur désolé par la cabale et les criards, mais qui voit sa pièce marchei, reprend courage , et c'est ce que j'ai fait. Feu M. le prince de Conti, de patriotique mémoire ( car, en frappant l'air de son nom , l'on sent vibrer le vieux mot patrie), feu M. le prince di> Covfi , donc, me porfa

le défi public de mettre au théâtre ma préface du ^er^jer, plus gaie , disait-il , que la pièce , et d'y montrer la famille de Figaro, que j'indiquais dans cette préface. Monseigneur , lui répondis-je , si je mettais une seconde fois ce caractère sur la scène , comme je le montrerais plus âgé , qu'il en saurait quelque peu davantage , ce serait bien un autre bruit ; et qui sait s'il verrait le jour ? Cependant , par respect , j'acceptai le défi ; je composai cette Folle Journée, qui cause aujourd'hui la rumeur. 11 daigna la voir le premier. C'était un homme d'un grand caractère, un prince auguste , un esprit noble et fier : ledirai-je? il en fut content.

Mais quel piège , hélas ! j'ai tendu au jugement de nos critiques , en appelant ma comédie du vain nom de Folle Journée! Mon objet était bien de lui ôter quelque importance; mais je ne savais pas encore à quel point un changement d'annonce peut égarer tous les esprits. En lui laissant son véritable titre , on eût lu l'Époux suborneur. C'était pour eux une autre piste; on me courait différemment. Mais ce nom de Folle Journée les a mis à cent lieues de moi : ils n'ont plus rien vu dans l'ouvrage que ce qui n'y sera jamais ; et cette remarque un peu sévère sur la facilité de prendre le change a plus d'étendue qu'on ne croit. Au lieu du nom de George Dandin, si Molière eût appelé son drame la Sottise des Alliances , il eût porté bien plus de fruit; si Regnardeùtnomméson Légataire, la Punition du célibat, la pièce nous eût fait frémir. Ce à quoi il ne songea pas, je l'ai fait <ivec réflexion. Mais qu'on ferait un beau chapitre sur tous les jugements des hommes et la morale du théâtre , et qii'on pourrait intituler : De r Influence de V affiche!

Quoi qu'il en soit, la Folle Journée resta cinq ans au portefeuille; les comédiens ont su que je l'avais-, ils me l'ont enfin arrachée. S'ils ont bien ou mal fait pour eux , c'est ce qu'on a pu voir depuis. Soit que la difficulté de la rendre excitât leur émulation, soit qu'ils sentissent avec le public que pour lui plaire en comédie il fallait de nouveaux efforts , jamais pièce aussi difficile n'a été jouée avec autant d'ensemble; et si l'auteur (comme on le dit) est resté au-dessous de lui-même , il n'y a pas un seul acteur dont cet ouvrage n'ait établi , augmenté ou confirmé la réputation. IMais revenons à sa lecture, à l'adoption des comédiens.

Sur l'éloge outré qu'ils en firent, toutes les sociétés voulurent le connaîti-e , et dès lors il fallut me faire des querefles de toute espèce, ou céder aux instances universelles. Dès lors aussi les grands ennemis de l'auteur ne manquèrent pas de répandre à la cour qu'il blessait dans cet ouvrage, d'ailleurs «?! tissu de bêtises, la religion, le gouvernement, tous les états de la société, les bonnes mœurs , et qu'enfin la vertu y était opprimée et le vice triomphant, comme de raison, ajoutait-on. Si les graves messieurs qui l'ont tant répété me font l'honneur de lire cette préface , ilsy verront au moinsque j'ai cité bien juste; et la bourgeoise intégrité que je mets à mes citations n'en fera que mieux ressortir la noble infidélité des leurs.

Ainsi , dans le Barbier de Séville, je n'avais qu'ébranlé l'État; dans ce nouvel essai , plus infâme et plus séditieux, je le renversais de fond en comble. Il n'y avait plus rien de sacré si Ton permettait cet ouvrage. On abusait l'autorité parles plus insidieux rapports; on cabalait auprès des corpspuissants, on alarmait les âmes timorées ; on me fai- !;ait des ennemis sur le prie-Dieu des oratoires; et moi.

PREFACE

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