LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE IV, SCÈNE IX
CHÉRUBIN , étourdinient.
M'ennuyer ! j'emporte à mon front du bonheur pour plus de cent années de prison.
(Il met son chapeau et s'enfuit.)
i.E COMTE le retourne.
Et vous aviez son brevet dans la poche ?
FIGARO, lin peu étonné.
Assurément ; mais quelle enquête? ( Aux jeunes files.) Allons donc, jeunes filles!
ANTomio, ait iirint Chérubin par le bras. En voici une qui prétend que mon neveu futur n'est qu'un menteur.
FIGARO , surpris.
Chérubin !... {A part. ) Peste du petit fat!
ANTONIO
Y es-lu maintenant?
FIGARO , cherchant.
J'y suis... j'y suis... Hé! qu'est-ce qu'il chante?
LE COMTE , sèchement.
Il ne chante pas ; il dit que c'est lui qui a sauté sur les giroflées.
FIGARO , rêvant.
Ah! s'ille dit... cela se peut. Je ne dispute pas de ce que j'ignore.
. Ainsi vous et lui...
FIGARO
Pourquoi non? la rage de sauter peut gagner : voyez les moutons de Panurgc! Et quand vous êtes en colère , il n'y a personne qui n'aime mieux risquer. . .
Comment , deux à la fois ! . . .
On aurait sauté deux douzaines. Et qu'est-ce que cela fait , monseigneur, dès qu'il n'y a personne de blessé? {Aux jeunes filles.) Ah çà, voulez-vous venir, ou non?
LE COMTE , outré.
Jouons-nous une comédie ?
(On entend un prélude de fanfare.)
FIGARO
Voilà le signal de la marche. A vos postes , les belles ! à vos postes ! .Allons , Suzanne donne- moi le bras.
(Tous s'enfuient; Chérubin reste seul, la tête l)aissée.)