‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 289 sur 630 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

FIGARO, CHÉRUBIN, le COMTE, la COIM- TESSE, SUZANNE.

(Figaro et Suzanne retirés de chaque côté sur le devant.)

CHÉRUBIN, en habit d'officier, arrive en chantant gaiement la reprise de l'air de la r-omance. La, la, la, etc.

J'avais une marraine , Que toujours adorai.

la COMTESSE, « part.

Le petit page !

CHÉRUBIN s'arrête.

On se promène ici; gagnons vite mon a.sile, on la petite Fauchette. . C'est une femuîe !

nu

LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE Y, SCÈNE Vil.

LA COMTESSE éCOUtC.

Al) , grands dieux !

CHÉRUBIN se baisse en regardant de loin. Me trompé-je? à cette coiffure en plumes qui se dessine au loin dans le crépuscule, il me semble que c'est Suzon.

LA COMTESSE , à part.

Si le comte arrivait!...

(Le comte paraît dans le fond.) CHÉRUBIN s'approche et prend la main de la

comtesse, qui se défend.

Oui , c'est la charmante fille qu'on nomme Suzanne ! Eh! pourrais-je m'y méprendre à la douceur de cette main , à ce petit tremblement qui l'a saisie , surtout au battement de mon cœur !

(II veut y appuyer le dos de la main de la comtesse; elle la retire.!

LA COMTESSE , baS.

Allez-vous-en

Si la compassion t'avait conduite exprès dans cet endroit du parc, où je suis caché depuis tantôt!

Figaro va venir.

LE co^iB ., s' avançant , dit à part.

N'est-ce pas Suzanne que j'aperçois?

CHÉRUBIN, à la comtesse.

Je ne crains point du tout Figaro, car ce n'est pas lui que tu attends.

Qui donc?

LE COMTE , à part.

Elle est avec quelqu'un.

CHÉRUBIN

C'est monseigneur , friponne , qui t'a demandé ce rendez-vous , ce matin , quand j'étais derrière le fauteuil.

LE COMTE, à part, avecfuretir.

C'est encore le page infernal !

FIGARO, à parf.

On dit qu'il ne faut pas écouter !

SUZANNE, à part Petit bavard !

LA COMTESSE , au page.

Obligez-moi de vous retirer.

CHÉRUBIN

Ce ne sera pas au moins sans avoir reçu le prix de mon obéissance.

LA COMTESSE , effrayée.

Vous prétendez...

CHÉRUBIN , avec feu.

D'abord vingt baisers pour ton compte , et puis cent pour ta belle maîtresse.

Vous oseriez ?

CHERUBIN.

Oh que oui , j'oserai ! tu prends sa place auprès de monseigneur ; moi celle du comte auprès de toi 1 1 u plus attrapé, c'est Figaro.

FIGARO , o part.

Ce brigandeau !

SUZANNE, à part.

Hardi comme un page.

(Chérubin veut embrasser la comtesse. Le comte se met entre deux , et reçoit le baiser.)

LA COMTESSE , se retirant.

Ah ciel !

FIGARO , à part, entendant le baiser.

J'épousais une jolie mignonne !

(Il écoute.)

CHÉRUBIN tétant les habits du comte.

{A part.) C'est monseigneur!

(Il s'enfuit dans le pavillon où sont entrées Fanchette et Marceline.)

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