BÉGEARSS, FIGARO, LÉON
LÉON , se contenant mal.
Monsieur, monsieur, un mot. Il importe à votre repos que vous répondiez sans détour. — Florestine est au désespoir ; qu'avez- vous dit à Florestine ? BÉGEARS , d'im ton glacé.
Et qui vous dit que je lui ai parlé? Ne peut-elle avoir des chagrins , sans que j'y sois pour quelque chose.'
LÉON , vivement.
Point d'évasions , monsieur. Elle était d'une humeur charmante : en sortant d'avec vous, on la voit fondre en larmes. De quelque part qu'elle en reçoive, mon cœur partage ses chagrins. Vous m'en direz la cause , ou bien vous m'en ferez raison.
BÉGEARSS
Avec un ton moins absolu , on peut tout obtenir de moi : je ne sais point céder à des menaces. LÉON , furieux.
Eh bien ! perfide , défends-toi. J'aurai ta vie , ou tu auras la mienne,!
(Il met la main à son épée.) FIGARO les arrête.
Monsieur Bégearss ! au fils de votre ami ? dans sa maison .' où vous logez ?
BÉGEARSS, se Contenant.
Je sais trop ce que je me dois... Je vais m'expliquer avec lui; mais je n'y veux point de témoins. Sortez , et laissez-nous ensemble.
LÉON
Vas , mon cher Figaro : tu vois qu'il ne peut m'échapper. Ne lui laissons aucune excuse.
FIGARO , à part.
Moi, je cours avertir son père.
(Il sort.)