III, SCENE IV
Troisième couplet.
Je résolus , pour m'en défaire , De la vendre à certain corsaire Exprès passé de Tripoli :
Ah ! bravo , caro Calpigi !
Le jour venu , mon traître d'homme , Au lieu de me compter la somme , M'enchaîne au pied de leur châlit :
Ahi ! povero Calpigi !
(Le chœur répète le dernier vers. On danse la ritournelle. Quatrième couplel.
Le forban en fit sa maîtresse ; De moi , l'argus de sa sagesse ; Et j'étais là tout comme ici :
Ahi ! povero Calpigi !
(Spinette, en cet endroit, fait un grand éclat de rire.) ATAR.
Qu'avez-vous à rire , Spinette?
CALPIGI.
Vous voyez ma fausse coquette.
ATAR
Dit-il vrai .^
SPINETTE
Signor, e vero.
CALPIGI achève l'air.
Ahi! Calpigi povero!
(Le chœur répète le dernier vers. On danse la ritournelle.)
(Ici l'on voit dans le fond Tarare descendre par une échelle
de soie ; Calpigi l'aperçoit.)
CALPIGI, à part.
C'est Tarare !
Cinquième couplet, (phis vile.)
Bientôt , à travers la Libye , L'Egypte , l'Isthme , et l'Arabie , Il allait nous vendre au Sophi :
Ahi ! povero Calpigi !
Nous sommes pris, dit le barbare.
Qui nous prenait? Ce fut Tarare. . .
ASTASIE , faisant un cri.
Tarare !
TOUT LE SÉRAIL s'écrie.
Tarare !
ATAR , furieux.
Tarare !
(Il renverse la table d'un coup de pied.) ( Astasie se lève troublée. Spinette la soutient. Au bruit qui se fait, Tarare, à moitié descendu, se jette en bas dans l'obscurité. )
SPINETTE , à Astasie.
Dieux! que ce nom l'a courroucé !
ATAR
Que la mort , que l'enfer s'empare Du traître qui l'a prononcé!
(Il tire son poignard ; tout le monde s'enfuit.) SPINETTE, so?<fen««/ Astasie.
Elle expire !
(Atar, rappelé à lui par ce cri , laisse aller Calpigi et les au-
très esclaves, et revient vers Astasie, que des femmes emportent chez elle. Atar y entre, en jetant à la porte sa simarre et ses brodequins, à la manière des Orientaux.)