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à composer sur ces quiuzo louis, dont il faut avoir l'air de parler, quoique bien résolu de n'en pas dire un mot. Enfin la voici du mieux qu'on a pu : Z:^ si neaiimarchals osait dire qu'on a soustrait quelque chose des roideanx pour des secrétaires ou autrement , je lui soutiendrais qu'il est un menteur et un calomniateur, etc. eîc Nous en voilà
tirés, Dieu merci.
l\Iais que ces mots, soustrait quelque chose des rouleaux, pour ne pas nommer quinze louis en argent blanc, sont bien imaginés ! et ceux-ci , pour des secrétaires ou autrement, pour ne pas dire que madame Goëzmau a exigé quinze louis pour le secrétaire, et les a gardés pour elle; comme cela est ingénieux! A l'égard des injures, on sent ici qu'elles ne sont que le saut de joie qui termine un ou\Tage pénible; c'est la bravoure de Panurge , qui se met eu vigueur quand le danger est passé : ainsi finit la déclaration , sans date, etc. Sinéle-Jaij , connneuous l'avons dit.
Et c'est ainsi qu'un magistrat se joue delà vérité , pour donner le change ! c'est ainsi qu'il arme un malheureux contre une chimère, et lui fait combattre insidieusement ce que personne n'avait dit , pour éluder de lui faire écrire ce qu'il craignait tant de voir déclarer ! et c'est ainsi que la faiblesse est toujours un instrument souple et dangereux entre les mains de la malignité !
Que de gens faibles elle a su tourner contre moi dans celte affaire ! ]N'est-ce pas par faiblesse que la ilottante madame Goëzman dissimule la vérité, pour se prêter aux vues de son mari qui voulait m' attaquer en corruption de juge? N'est-ce pas par faiblesse que ce pauvre le Jay copie , sur des minutes ([u magistrat, des déclarations dont il n'entend ni les mots , ni la force des phrases ? N'est-ce pas par faiblesse que ce pauvre conseiller d'ambassade Arnaud Baculard, qui ne dit jamais ce qu'il veut dire , et ne fait jamais ce qu'il veut faire , accorde une misérable lettre mendiée , pour appuyer une plus misérable déclaration mendiée ? N'est-ce pas par faiblesse que ce pauvre d'Airolles, qui ne veut pas être nommé Bertrand , après avoir dit la vérité , perd tout à coup la mémoire , et donne à son compatriote le gazetier de France une lettre, qui ne peut faire aujourd'hui de tort qu'à lui-même.' N'est-ce pas par faiblesse que ce pauvre M. Marin... iMais non, la chaleur m'emporte , et j'allais faire le lort au sieur INIarin de le ranger dans la classe des simples. Il faut être juste (t).
(0 La réponse la plus désolante à la déploraUon du sieur Baculard d'Arnaud, conseiller d'ambassade, est d'y opposer sa confrontation avec moi: j'attends pour le faire que le sieur Marin , gazrtier de France, ait publié son mémoire et la lettre qu'il s'es', fait écrire parle sieur Bertrand d'Airolles, négociant marseillais, alin qu'ils aient chacun ce qui leur est du, dans un seul mémoire qui ne se fera pas attendre : on peut y compter.
D'autre part , j'entends M. Goëzman qui me dit : Pourquoi me taxez-vous de malignité , si je ne suis coupable que d'ignorance? Quand j'ai dicté à le Jay, dans la déclaration , qu'on n'avait pas soustrait quelque chose des rouleaux, pour des secrétaires ou autrement, je croyais que ce bruit de quinze louis n'était fondé que sur la fausse supposition que ma femme les edt retranchés d'un rouleau , et je voyais que les rouleaux avaient été rendus bien entiers. Je ne pouvais donc dicter à le Jay que ce que je savais moi-même.
— Je vous arrête, monsieur. Avez-vous si peu de méinoire , ou me croyez-vous si mal instruit ? Vous oubliez que, quelques jours avant l'époque de cette déclaration, U. le premier pré.'^ident avait envoyé chercher le Jay, et que devant vous il l'avait interrogé sans ménagement sur ces quinze louis , en lui disant : « Avouez-nous, M. le Jay, tout ce qui s'est « passé. Bertrand prétend qu'il vous a remis, dans « un fiacre à la porte de madame Goëzman , quinze « louis en argent blanc qui ont même été comptés « dans le chapeau de votre fils, alors présent; que « vous êtes monté chez madame Goëzman avec cet «argent dans un sac, et qu'en descendant vous « n'aviez plus ni sac ni argent ; et qu'enfin vous avez « dit à lui Bertrand , qu'elle avait pris et serré les; « quinze louis dans son secrétaire. Tout cela est-il « véritable ? »
Vous oubliez , monsieur, que le Jay , trem])lant , effrayé par votre fier aspect , n'osa convenir de rien chez )M. le premier président, mais qu'à peine il pouvait parler.
Quittons la feinte, elle est inutile; et convenez euiin que c'est bien sciemment et non par ignorance que, quelques jours après cet interrogat , vous confondez , en dictant à le Jay , quinze louis d'argent blanc gardés , avec les deux rouleaux rendus, auxquels ils n'ont aucun rapport.
C'est encore par une suite d'espoir d'embrouiller les idées de plus en plus sur les quinze louis , et de fixer rattention du public sur des rouleaux entiers , et non sur de l'argent blanc , qu'on a fait assigner en témoignage les personnes devant qui ces rouleaux ont été rendus ; on espérait que leur déposition sur la netteté des deux rouleaux augmenterait la persuasion que toute espèce de demande des quinze louis n'était qu'une histoire controuvée , une infamie : d'autre part, on comptait que le sieur Marin nous déterminant à ne rien articuler sur ces misérables qni7ize louis dans nos dépositions, l'opinion du faux bruit se fortifierait à tel point par notre silence, que nos efforts tardifs ne pourraient plus après la détruire.
Mais on ne peut avoir en tout un égal succès. Les choses allaient assez bien : le Jay avait écrit sans faire d'explication ; Marin travaillait en dessous , et