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MEMOIRES
ter , 0!i a bien \m aussi iie les point ajouter. C'était se battre alors pour la chappe à l'évêque ; je n'ai donc pas cru devoir y perdre mou temps.
Gaillard disait : Les mots ooila iiolre compte skjné sont d'uue écriture différente; on le voit à travers le papier. Ici la réponse était : Inscrivez-vous en !'au.\ ; ce fut celle aussi que je ne cessai d'y faire en tous mes écrits.
Gaillard disait: Ou a voulu faire ânmoi jeudi celui de vendredi ; il y a un trait sur la première lettre du mot qui prouve qu'on l'a essayé. Gaillard disait une bctise; car pourquoi surcharger la date de M. Duverney, [wur la faire cadrer à la mienne , quand il m'était si facile de faire cadrer ma date à la sienne, si j'appliquais après coup un billet sur le sien .'On n'a pas cru devoir répondre à cette bêtise de Gaillard.
Gaillard disait : Vous avez fait un 5 du 6 de votre date, pour la faire cadrer au mot JeHf//de M. Duverney. — Donc , M'- Gaillard, si j'ai pu surcharger à mon gré ma date au billet appliqué, si eu effet je l'ai surchargée, je n^ai pas eu besoin de toucher à celle de M. Duverney, aussi grossièrement surtout (jue vous dites que la première lettre est surchargée. IMais vous imposez , Me Gaillard, sur votre exf)ression. Le petit trait qui se trouve sur la première lettre du mot jeudi n'est pas une surcharge, c'est tout platement une lettre , et cette lettre est un M , et non pas un V: ce qui, bien vérifié, s'éloigne tellement du lâche système que vous me supposez , qu'au lieu d'avoir essayé de faire du mot jeudi celui de vendredi, pour qu'il se rapportât à une fausse date du 6 avril , il s'ensuivrait que je n'aurais surchargé le mot jeudi que pour m' éloigner encore plus de ce 6 avril; car un M en surcharge ne pourrait présenter que l'intention de mettre mardi ou mercredi, dont l'un était le 3 et l'autre le 4 avril. Donc cet m, et non pas ce /', ne pouvait être de moi : donc cette lettre fut tout naturellement de M. Duverney , ou bien elle est germaine de toutes les infamies qui furent faites sur ce billet lors de la communication à l'amiable, à cause de ces mots voilà notre compte signé qui faisaient tant mal au cœur de l'adversaire.
Voilà pourquoi je crus alors qu'au lieu de relever chaque insigne bêtise de Gaillard sur ce billet , il valait mieux couper d'un seul coup toutes les têtes de l'hydre , en prouvant bien la friponnerie du cachet apposé , du mot déchiré , de la roussissure imprimée au papier, et des taches d'encre par-ci par-là sur les preuiiers mots ; et c'est ce que j'ai fait.
^lais comme on n'avait jamais parlé jusqu'à présent d'une surcharge entière , ou d'un trait passé sur toute l'écriture du billet , je n'ai pas pu la prévoir, et n'ai pas dû répondre d'avance à l'imputa-
tion d'une odieuse kicheté qui ne m'était pas encore administrée.
Cependant le comte de La Blache assure aujourd'hui que l'ancien Gaillard m'en fit le reproche : mais si le Gaillard des requêtes en eût écrit un seul mot, je lui aurais répondu qu'il mentait, et je le lui aurais prouvé ; ou bien je lui aurais appris que c'était un motif de plus pour s'inscrire eu fau.\ contre le billet , s'il osait ; parce qu'il n'y a pas de faux plus visible qu'une surcharge entière sur le trait d'écriture d'une lettre attaquée.
Mais comme je ne puis aller repêcher dans le temps et dans l'espace le vain bruit égaré des prétendues paroles de Gaillard , il faut donc que je m'en tienne à ce quïl a fixé par écrit. Or , il a si peu parlé de ce trait passé sur l'écriture , que pendant que le comtede La Blache assure que je suis resté, aux requêtes de l'hôtel, sans réponse à son reproche de surcharge , son Gaillard d'Aix lui donne aujourd'hui le plus furieux démenti sur le prétendu reproche de l'autre Gaillard , en imprimant (page 43 de la consultation des six) ce paragraphe remar quable : « 1° L'inscription en faux ne serait plus " possible, attendu la surcharge visible d'encre faite " sur tout le corps du billet, surcharge qui n'exis- « tait pas aux requêtes de l'hôtel, et qui empêche- « rait aujourd'hui toute vérification. »
Surcharge qui n'existait pas aux requêtes de rhôtel! Voilà le mot de la question. Maintenant, lequel a menti de l'avocat ou du client ? Y avait-il une surcharge , ou n'y en avait-il pas ? Ai-je dû répondre au Gaillard de Paris, qui ne me l'a jamais reprochée ? Dois-je opposer le Gaillard d'Aix , qui soutient qu'elle n'existait pas alors, au seigneur ON qui dit qu'elle existait , et qu'on me l'a reprochée dans ce temps-là , quoique cela soit faux.'
Que dois-je faire, sartout, lorsque, dans l'instant même où j'écris, excepté quelques pâtés d'encre informes , le trait de tout ie billet est dans sa pureté ? quand il est prouvé qu'une surcharge entière serait un motif de plus, et non un motif de moins, pour s'inscrire en faux , si l'on osait le faire? quand j'ai bien prouvé que tout le déshonneur qu'on a voulu verser sur ce billet appartient à mes ennemis ; enfin, quand il est évident que je n'ai pas cessé de dire que je n'entendais ajouter aucune valeur à l'acte du l*""" avril parla représentation de toutes ces lettres qui lui sont inutiles.
O perfide et méchant adversaire! quelle peine vous me donnez pour démasquer toutes vos fourberies à mesure que je les apprends ! ÎMais vous ne me lasserez pas; je vous confondrai sur tous les points. Vous avez beau ruser , tout embrouiller pour induire en erreur , vous rendre contradictoire avec votre ancien avocat, avec vos nouveaux défenseurs, avec vous-même ; vous avez beau toujours fatigucj:
MEMOIRES
l'attention des magistrats par descirconstaiices vaines, insidieuses ou fausses: ou je l'ignorerai, ou je ne cesserai de balayer vos calonniies comme le vent du nord balaye la poussière et les feuilles desséchées.
Je ne puis trop répéter, lecteur , ce que j'ai dit plus haut sur le silence que j'oppose à une foule d'imputations aussi malhonnêtes que sans preuves . Elles ont toutes été répondues dans mes autres écrits et surtout dans mon mémoire au conseil , où je n'ai rien laissé à désirer sur la teneur, la formation , les motifs et le véritable esprit de l'acte du 1" avril
En ramenant toujours les mêmes objections vingt fois réfutées , ceci devient ime guerre interminable où l'on peut écrire et discuter cent ans, comme eu théologie, sans avancer d'un pas et sans s'arrêter sur rien
Quant aux voix qui devaient s'élever de toutes parts en ma faveur, que le comte de La Blache ne s'en inquiète pas pour moi ! N'ayant à faire juger en Provence qu'mie question de droit , j'ai refusé toute offre , tout appui qui s'écartait de mon affaire ; et vous savez bien que je ne pouvais pas cumuler des moyens d'action criminelle dans une simple instance au civil. Mais je promets à mou ennemi qu'il ne perdra rien pour attendre , et qu'il les entendra, ces voix, quand il en sera temps, si le cas y échoit.
.Te n'aurais pas même ajouté un seul mot à la consultation solide et froide quej'avais fait faire à Paris, et je me serais bien gardé de joindre des lettres inutiles à des lettres inutiles , au moins dans le procès actuel , si je n'avais été violemment provoqué par les injurieux propos de mon adversaire à Aix , et par la nouvelle inondation de sa soussignée de Paris, intitulée ridiculement Consultation pour M. tel contre le sieur tel.
IMaintenant, qui pensez-vous qu'on brûlera, messieurs , ou moi qui n'avance que des faits dont j'ai la preuve et la conviction parfaite , ou vous qui diffamez en parlant de ce que vous ignorez, en alléguant des faits dont vous savez la fausseté? Quel est le plus digne , à votre avis , du feu , de celui qui se ment à soi-même, pour dépouiller, pour opprimer, pour perdre un adversaire , ou de celui qui repousse avec force et sans ménagement l'ennemi qui l'attaque sans pudeur ?
Et (juand un homme est assez insensé pour s'exposer, par des horreurs bien prouvées, aux reproches les plus graves dont on puisse le couvrir, comment ose-t-il se plaindre après coup d'un mal dont il lui fut si aisé de se garantir.^
.T'ai trouvé partout le mot fripon dans vos écrits ; je l'ai mis dans la balance , et j'ai reconnu qu'il pesait cent livres. Opposant pourconlrc-poids celui
de calomniateur dans les miens , j'ai trouve (ju'il n'en pesait que dix. Il n'y a pomt de parité, me suis-je-dit. Aussitôt , changeant d'instrument , j'ai fait glisser le poids léger de calomnie au bout d'un levier composé, comme je l'ai dit, des circonstances très-aggravantes , et j'ai gagné l'équilibre des cent livres : c'est le secret de la romaine , et voilà toute notre histoire.
IMaintenant donc , messieurs , pourquoi faudraitil nous brûler? On voit bien dans vos écrits de la cruauté, de platitudes et de la mauvaise foi : dans les miens , on y voit de la bonne foi, delà colère, et quelques platitudes.
niais , après tout, il faut pourtant conclure Qu'entre messieurs Siméon père et lils , Gassier, Barlet, Desorgues, Portalis, Falcoz et moi , tous faiseurs d'écriture , Aucun de nous n'est sorcier, je vous jure.
Caron de Beaumarchais.
Mathieu ,7)ro«<re?w; M. le conseiller de Saint-Marc, ra/jpor/ewr.
Ci-joint la déclaration du dépôt que j'ai fait chez le notaire de ma soumission de cinquante millo livres.
« Je soussigné Pierre Boyer, conseiller du roi , « notaire à Aix en Provence , déclare que M. de '< Beaumarchais m'a remis cejourd'hui sa soumis- « sion , telle qu'elle est insérée mot à mot dans sou » mémoire imprimé, intitulé /e Tartareàla Légion, « page 15 dudit mémoire, duquel mémoire il m'a « remis un exemplaire signé de lui. Fait à Aix , le « 19 juillet 1778.»