‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 543 sur 630 · ET DES COMÉDIENS ERANÇAES · texte numérisé non relu

ET DES COMÉDIENS ERANÇAES

l'Ai! UF.Al MAIÎCIIATS, LIN DES COMMISSAIUES DES GENS DE l.r.TTllES, ET ClIAlUiÉ DE LEIKS POlVOlfiS.

On répand dans Paris que depuis qrinlre ans ' je lais Ions nit'S clturts pour entrer en proeos avec la <À»iiiédie française, parce qu'elle esl injuste envers les auteurs; et moi je vais nionlrer loul ce (pie j"ai (enté depuis quatre ans pour cxiter d'avoir ce procès avec la tioinedie, ([uoiqu'elle soit trcs-injuste envers les auteurs.

On ajoute avec un espoir malin que je vais faire uu mémoire fort plaisant contre les comédiens: (t parce qu'on rit (]uelquefois aux jeux du théâtre, on croit qu'il faut rire aussi des affaires du tiieàlre : on confond tout dans la société. Mais (j ne les cuineilieus se rassurent! le plus simple exposé de notre conduite réciproque est le seul écrit qui sortira île ma plume; il tiendra lieu de ce plaisant mémoire, que jc ne ferai point.

On dit aux foyers des spectacles qu'il n'est pas notilc aux auteurs de plaider pour le vil intérêt, eux «jui se piquent de prétendre à la gloire. On a raison: la gloire e>l attrayante; mais on oublie que, [lour en jouir seuiement une année, la nature nous condamne a dîner trois cent suixanle-cinq fois ; et si le guerrier. l'Iiomme d'Étatne rougit pointde recueillir la noble pension due à ses services , en sollicitant le grade (pii [)cut lui en valoir une plus forte, pourquoi le lils d" ^iiollon, l'amant des Muses, incessaiumeut

' I lu' iiilri^^iu' , un iiici(k'iit sra\c, ("iiliii une accusnlion lii/.uii", i\i)li(|Utr ilans le cours dt- cet ouvrage, a forée la so<iile (les auteurs (lramali(|UPS d'exi^ier de l'un de ses eom- )iii>>.iires (jui travaillait a la discussion de (jueUiues iioints de Tarrel du conseil du 12 niai 17.sij, demandée par le ministre, d(' changer le plan de son travail , et de juslilicr , avant tout, la conduite des auteurs et la sienne, eji etaiilissant clairement le principe et la loi des droits d'auteur au «.pi'clacle ; en développant hien les usurpations de toute espèce que les comédiens n'ont cessé de laire sur ces droits; les procédés paciliques des auteurs pour en ohlenir la restitution, et tout ce qu'on a tenté, de l'autre part, pour conserver ces usurpations et les accroître encore. l,e commissaire qui tient la plumi; a sous ses yeux toutes les pièces juslilieatives, et se lait un devoir de satislaire en ei'.-> termes au ilésir de ses amis.

forcé de compter avec son bouU nger , négligerait-il de compter avec les comédiens? jAussi croyons-nou.s rendre à chacun ce qui lui est dit , quand nous demandons les lauriers de la Comédie au public qui les accorde, et l'argent reçu du public à la Comédie qui le retient.

On prétend surtout qu'au lieu d'arranger Paffaire des auteurs qui m'était coulice depuis (juatre ans, je me suis rendu redoutable aux comédiens , et montré dur, injuste, intraitable, au point d'offenser personnellement -MM. les premiers gentilshommes delà chambre ' , qui se portaient conciliateurs. Ce dernier trait m'oblige à ne composer mon récit que des lettres et réponses de chacun , c'est-à-dire, à réduire l'aft'aire aux seides pièces justilicatives.

Si cette façon d'exposer les faits est sèche , sans grâce, et peu [)ropre a soutenir Tatteution du lecteur , au moins n'en est-il aucune aussi propre à montrer qu'après m'ètre assuré du bon droit des auteurs, je suis depuis quatre ans un modèle de patience devant les comédiens ; et ma conduite, un effort de conciliation devant leurs supérieurs.

A la vérité, mes confrères n'auront pas en moi l'avaulage d'un défenseur aussi éloquent que 'SI. Gerbier, qui conseille et dirige et défend les comédiens; mais la cause des auteurs est si juste, qu'elle n'a pas besoin de prestige. Des principes bien posés , Akis

■ Les (juafre premiers godilsliommcs de la cliaml)re du roi , cliargés de l'administration des llié.itres , étaient alors :

M. le maréchal duc de Piichelieu, ;le l'Académie française ;

INI. le uiaréelial duc de Duras, id.;

Leduc d'Aumont,

Le duc de Fleury.

Il y avait aussi des intendants des menus plaisirs cl affaires de la chambre du roi , tels que MM. de la Ferté et des Entelles , qui, sous ces quatre premiers gentilshommes, dirigeaient les détails des spectacles de la cour.

Il semble (|u"avec de tels chefs aucun désordre n'aurait du s'introduire :

Mais à ri/umanité, quelque parfait qu'on fût. Toujours i;ar quelque faible ou paya le tribut.

COMPTE RENDU

faits accumulés, une discussion exacte, un peu de saine logique , il ne faut pas d'autre éloquence à la vérité.

Procédés des auteurs envers les comédiens ;

Droits des auteurs usurpes par les comédiens :

Telle est ma division. Si mes confrères, instruits «les vues dans lesquelles je fais cet exposé , le reconnaissent exact , ils en signeront la conclusion. Si les comédiens y trouvent à reprendre, ils nieront les faits ou disputeront, sur les conséquences; alors nous espérons que le roi, bien informé du véritable état d'une question que tant de gens ont intérêt d'obscurcir, daignera nous juger dans son conseil, ou nous renvoyer aux tribunaux établis par luimême pour veiller sur la propriété des citoyens: ce (|ui nous est également avantageux.

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