‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 589 sur 630 · DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE MÉDECINE

SUR LA QUALITÉ TE L'EAU ELEVEE ET FOURNIE PAR LES MA- CHINES A FEU DE CHAILLOT.

Messieurs Perrier ayant prié la Société de constater la nature de l'eau qu'ils font distribuer à Paris, et qui est fournie parleur pompe à feu, les commissaires que cette compagnie a chargés de cet objet se sont transportés à Chaillot pour examiner avec soin toutes les circonstances qui peuvent influer sur la salubrité des eaux. Après avoir vu avec le plus grand intérêt la belle construction de la machine à l'aide de laquelle l'eau est élevée, ils ont porté toute leur attention sur le bassin où l'eau est puisée par la pompe, sur le mécanisme qui l'élève, sur les canaux qu'elle parcourt, sur les réservoirs où elle est versée, et d'où elle s'écoule pour se répandre dans Paris. Outre les procédés ingénieux qui ont été employés

LETTRES

pour ces différents objets, et sur le mér»le desquels il n'est pas du ressort de la Société d'insister , les commissaires ont reconnu que dans ces diverses circonstances l'eau de la Seine ne pouvait contracter aucune qualité nuisible, ni même désagréable; que les tuyaux de fonte , ni les pierres employées pour toutes ces manœuvres, ne pouvaient rien lui communiquer-, et que le mouvement et l'agitation dont elle jouit depuis sou élévation dans la pompe jusqu'au lieu d'où elle se répand dans Paris, sont plus capables d'en améliorer la qualité que de l'altérer en aucune manière. Ils ont surtout été frappés de la position respective des quatre réservoirs , à l'aide de laquelle on peut les vider les uns dans les autres, les nettoyer aussi fréqucnunent qu'on le désire , et contribuer ainsi à la pureté de l'eau.

Après ce premier examen , ils ont fait puiser de l'eau dans la Seine, dans le premier bassin où l'eau (St prise, et dans les réservoirs d'où elle coule à Paris :on a examiné comparativement ces trois eaux par les difiérentsprocédés cbimiques connus , et on leur a trouve toutes les bonnes qualités de celle de la Seine, dont on connaît généralement la salubrité. Les réactifs ont démontré, dans toutes les trois , la petite quantité de sélénite et de terre calcaire qui y sont toujours contenues; elles ont également bien dissous le savon et cuit les légumes : la noix de galle et les liqueurs prussiennes n'y ont point indi(jué un atome de fer; et leur saveur n'avait rien de l'impression que laisse ce métal, en quelque petite quantité qu'il soit. L'évaporation a confirmé l'analyse par les réactifs ; la distillation à l'appareil pneumatocbimique a fait connaître que l'eau des réservoirs contenait un peu plus d'air que celle de la Seiue puisée vis-à vis de la pompe.

Les mêmes expériences ont été faites sur l'eau prise dans un des canaux de distribution de Paris les plus éloignés de la pompe, et elles ont présenté absolument les mêmes résultats.

La Société croit donc devoir annoncer au public que l'eau fournie par la macbine à feu de MM. Perrier est très-pure et très-salubre ; que même , dans quelques circonstances, ses qualités sensibles, telles que sa saveur, sa limpidité, doivent l'emporter sur celle de la Seine , en raison du mouvement qui l'agite et des réservoirs dans lesquels elle reste exposée au contact de l'air quelque temps avant sa distribution ; que les reproclies qu'on lui a faits sur sa saveur ferrugineuse, son goût de feu, etc., ne sont nullement fondés, et que les avantages qu'elle procure méritent à M^L Perrier la reconnaissance de tous les citoyens.

Conforme à l'orUjinal contenu dans les registres Je la compagnie. Au Louvre, le 31 août 1784.

Signé Vicq-d'Az\r, secrétaire perpétuel.

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