CHANSON NAÏVE
ou CANTIQUE DU PONT-NEUF,
Sur le beau Mandement où Ton damnait, à propos ffreufs. Voltaire, le Mariage de Figaro, et l'opéra de Tarare et les amusements des dames, etc., etc., etc.
Sur l'air niais : A Paris il y a deux lieutenants ! Quels lieutenants !
A Paris sont en grand soûlas
Deux saints prélats.
L'un est le chef, et l'autre son
Premier garçon.
Leur carnaval est d'annoncer
Qu'on peut laisser Filles , garçons , femmes et veufs , Casser leurs œufs.
Suivons tous les commandements
Des mandements.
Celui-ci n'est pas trop mauvais ,
Pour du Beauvais.
Sur Figaro, sur l'Opéra,
Et cetera , L'on y voit des conseils tout neufs ,
A propos d'œufs.
A propos d'œufs , ce mandement ,
Discrètement , Dénonce aux dames certain goût
Qu'il voit partout ; Puis , nommant leurs amusements
Dérèglements, L'apôtre annonce aux bons époux
Qu'ils le sont tous.
A propos d'œufs , dans ce trésor
On voit encor li'écrivain le plus admiré
Bien déchiré ; Puis il empoigne auteur, lecteur,
Et rédacteur.
Et lance tout, d'un bras de fer,
Au feu d'enfer.
Puis quand il les a condamnés, Tous bien damnés ,
VERS ET CHANSONS
Des lieux coniinuiis le bon pasteur,
Le grave auteur, A ses frères pauvres d'esprit ,
En Jésus-Clirist , Promet le benoît paradis
Du temps jadis.
En ce temps de confession ,
Rémission , Si du mandement les avis
Sont bien suivis , Nos deux pasteurs sont indulgents,
Si bonnes gens , Qu'ils laisseront, avec les œufs ,
Manger les bœufs.
Pourtant les buts des révérends
Sont différents :
L'un grille d'avoir du renom ,
Et l'autre non.
Or prions le doux Rédempteur
Qu'à cet auteur Il donne un esprit plus subtil
Ainsi soit-il !