LES DEUX AMIS, ACTE III, SCÈNE I
PAULINE
Ah ! ne voyez que mon effroi. Mais nous perdons un temps précieux. Courez à votre père, allez le consoler.
Je vais l'enflammer de courroux contre un traître-
PAULINE
S'il n'y avait que Saint-Alban qui l'accusât. . . mais mon oncle lui-même...
Votre oncle !
PAULINE
Il va revenir. Vous connaissez sa franchise , elle ne lui permet pas toujours de garder, avec les malheureux, les ménagements dont ils ont tant besoin...
Vous me glacez le sang.
PAULINE
Soyez présent aux explications ; que votre bon esprit en prévienne l'aigreur. Si votre père est embarrassé , mon oncle est le seul dont on puisse espérer un prompt secours...
MÉLAC FILS , troublé.
Quoi! votre oncle est persuadé...
PAULINE
Craignez surtout de vous oublier avec lui : songez que notre sort en dépend. ( Avec une grande effusion.) Mon. cher Mélac !... Dans le péril qui nous menace , ah!... vous m'aurez assez méritée , si vous réussissez à m'obtenir.
O mélange inouï ! . . . Non ! je ne puis comprendre... N'importe, vous serez obéie. — .Te me contiendrai. — Vous connaîtrez , Pauline , s'il est des ordres remplis comme ceux que l'amour exécute. < Il lui baise la main , et ils sortent. )