‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 26 sur 79 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

A vrai dire, il avait pu les étudier mieux qu'à distance et dans les livres, dès cette année 1830 : « A Grenade, il flirta avec une jolie gitana « assez farouche aux chrétiens, « mais qui, pourtant, s'apprivoisait à la vue d'un duro^ ». Nous avons appris, d'autre part, par M. Rafaël Mitjana-, que le poète et nouvelliste Estebaiîez Calderon, familier des Teba, introduisit Mérimée dans les quartiers pittoresques qui étaient en Espagne les ghettos des Bohémiens, par exemple le faubourg Triana, à Séville. Après 1837, il fut le préfet de la province de Séville. M. Rafaël Mitjana écrit : « C'est pendant le séjour qu'il fit alors dans la pittoresque ville andalouse qu'il intervint, probablement comme témoin, dans la tragique anecdote qui a inspiré Carmen. » Voilà qui donnerait du poids au « plus tard » d'Augustin Filon, si le texte cité par M. Maurice Tourneux n'était, semble-t-il, décisif, et si ce « probablement » ne l'était un peu moins. Nous admettrons plus volontiers, avec le commentateur des lettres à Estebafiez Calderon, que la « saveur caractéristique » de Carmen « est due » — en partie du moins — « à l'heureuse influence de celui que l'auteur de Colomba appelait son

réussit à se faire épouser par ce sexagénaire, et, pour s'assurer la possession du majorât, faillit lui donner un fils qui n'était ni de lui ni d'elle. Mais la comtesse de Teba éventa le complot, qu'elle ne laissa sans doute pas ignorer à son ami Prosper Mérimée {l'Enfance d'une souveraine , dans la Revue des Deux Mondes, \h octobre 1923, p. 757 et suiv.).

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