‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 28 sur 79 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

maître en chipe calli » . Dans son second voyage en Espagne, celui de 1840, Mérimée retrouva son compagnon de la première heure. Et plus tard, entre 1852 et 1859, il lui écrivit des lettres dont l'une, citée par M. Rafaël Mitjana et datée du 7 novembre 1852, contient ces lignes :

« Je m'en irai à Burgos, de là à Valladolid, Toro, Léon, etc.. Vous devriez bien venir avec moi. Vous ne connaissez pas les mœurs des Castillans en votre qualité d'Andalous, et ce serait une bonne occasion pour les étudier... Nous aurions bien de la chance s'il ne nous arrivait pas quelque aventure pleine de couleur locale, telle que nous l'aimons tous les deux. Gela n'empêche nullement le voyage à Paris que je vous conseille. Vous n'avez pas vu nos bals de carnaval et les joies populaires. Gela vous fournira l'occasion défaire un pendant à votre Bronquis et Roque des Escenas Andaluzas. »

L'indication est intéressante : Mérimée connaissait les Escenas Andaluzas, qui avaient paru en 1837. S'il les connaissait, comme il est probable, depuis l'année de leur publication, il avait fort bien pu s'en inspirer pour écrire Carmen. Retenons aussi cette comparaison qu'il fait de lui-même entre les mœurs populaires andalouses et les mœurs populaires parisiennes : ici et là, ce qui l'attirait, c'était évidemment la même chose, et laquelle, sinon cette franchise dans la passion qu'un amateur d'âmes instinctives comme lui (ou comme son défunt maître et ami Henri Beyle) ne pouvait attendre de la politesse mondaine? On sait d'ailleurs à quel point il appréciait les façons du peuple espagnol, quelle distinction d'âme et de corps il était toujours prêt à attribuer aux

Carmen b

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