‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 54 sur 79 · Oui, monsieur · texte numérisé non relu

Oui, monsieur

et les Anglais, ils se font entendre*. Carmen savait assez bien le basque.

— Laguna, eue bihotsarena, camarade de mon cœur, me dit-elle tout à coup, êtes-vous du pays?

Notre langue, Monsieur, est si belle, que, lorsque nous l'entendons en pays étranger, cela nous fait tressaillir... — Je voudrais avoir un confesseur des Provinces, ajouta plus bas le bandit.

Il reprit après un silence :

— Je suis d'Elizondo, lui répondis-je en basque, fort ému de l'entendre parler ma langue.

— Moi, je suis d'Etchalar, dit-elle. — C'est un pays à quatre heures de chez nous. — J'ai été emmenée par des bohémiens à Séville. Je travaillais à la manufacture pour gagner de quoi retourner en Navarre, près de ma pauvre mère qui n'a que moi pour soutien, et un petit barratcea^ avec vingt pommiers à cidre! Ah! si j'étais au pays, devant la montagne blanche! On m'a insultée parce que je ne suis pas de ce pays de filous, marchands d'oranges pourries; et ces gueuses se sont mises toutes contre moi, parce que je leur ai dit que tous leurs jacjues*'^ de Séville, avec leurs couteaux, ne feraient pas peur à un gars de chez nous avec son berret* bleu et son maquila. Camarade, mon ami, ne ferez-vous rien pour une payse?

Elle mentait. Monsieur, elle a toujours menti. Je

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