VIII INTRODUCTION
Puis, à partir de 1858, lorsque les premières atteintes de la maladie obligent Mérimée à résider pendant l'hiver dans le Midi, les voyages en commun cessent, mais la correspondance entre les deux hommes n'en est que plus active. De 1860 à 1870 les lettres sont nombreuses, car la vie de Mérimée et celle de Viollet-le-l)uc se pénètrent l'une l'autre. Plaisirs, désillusions, souffrances, tout leur est commun ; VioUet-le-Duc réconforte Mérimée que tourmentent la maladie et les idées noires ; Mérimée soutient Viollet-le-Duc dans ses luttes, souvent fort âpres, contre l'Académie des Beaux-Arts. Jusqu'au dernier jour, Viollet-le-Duc fut pour Mérimée un ami pieusement fidèle.
De cette amitié, fondée sur la raison comme sur le sentiment, des échos nous sont parvenus. En 1843 Viollet-le-Duc communique à son père ses impressions de voyage : « Mon bon temps touche à son terme, demain nous irons à Saint-Seine, et..., et je prendrai ma route, M. Mérimée la sienne; cela me coûte plus que je ne puis le dire, car je m'étais fait bien vite à cette manière de vivre en tête à tête avec l'homme le plus aimable que l'on puisse rencontrer; nous nous entendions, je crois, parfaitement ' . » En 1844, l'entente entre les deux compagnons est aussi étroite. « Je n'ai pas besoin de te dire, écrit Viollet-le-Duc à son père, que le Capo délia i'iegiattitra (Mérimée) est toujours aussi aimable et que le temps passe rapidement avec lui, toujours gai, d'une humeur égale et plein d'attentions pour son très humble serviteur. Il n'y a pas de minute dans la journée qui ne se trouve remplie tout à fait à mon avantage, car je ne puis guère donner et lui me donne bien des choses à