‹ [Œuvres complètes] (volume 4)Chapitre 11 sur 31 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

prendre. Il possède cette qualité précieuse des gens qui ne se livrent que très difficileujenl. C'est que tous les jours on découvre de nouvelles choses parmi cet esprit fin et cette intelligence élevée. C'est pour moi un voyage de découvertes au physique comme au moral. Il m'a fait connaitrc dans tous les endroits où nous sommes passés une foule de choses que je n'aurais pas vues sans lui. Et quand nous cessons de courir après les monuments, c'est pour causer sur des objets qui sont pour moi du plus grand intérêt. Le soir, après ces journées si bien remplies, quand il nous reste une heure, elle est employée à résoudre quelque problème de perspective dans un nuage de fumée. Voilà comme se passe notre temps : peu de sommeil, beaucoup d'activité et toujours de la bonne humeur. C'est la vie enfin'... » Cinq semaines plus tard, VioIIet-le-Duc s'inquiète d'être seul. « Me voici pour la troisième fois abandonné par mon compagnon de voyage, et livré à mes propres ressources ^ », écrit-il de Carcassonne à son père. Mérimée n'a pas une sympathie moins vive pour son compagnon de route. Le 8 août 1843, il écrit à Jenny Dacquin : « J'ai pour me consoler un compagnon de voyage très aimable et une admirable église qui me doit de ne pas être par terre à l'heure qu'il est-' ». Le 12 août de la même année, il écrit à Lenormant : « Je pars pour Mandeure et je quitte aujourd'hui Viollet-le- Duc qui me convenait de cent mille façons' ». Plus tard,

1. Cf. Goût, ouït, cité, p. 't(j, note 'i, et Lettres inédites de Viollel-le Duc, p. v.

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