‹ [Œuvres complètes] (volume 4)Chapitre 7 sur 31 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Ainsi Mérimée cherche à faciliter la besogne du jeune architecte. Mais il va faire davantage et mieux ; c'est grâce à lui que VioUet-le-Duc obtient une partie des grandes restaurations projetées. En effet, dès 1839, Mérimée lui ouvre l'accès du service des Monuments historiques. L'architecte capable d'entreprendre et de réaliser la restauration délicate de nos monuments, on ne l'avait pas trouvé. Ni Duban, ni Garistie n'avaient la formation ou la culture nécessaires. Mérimée, qui connaît les hommes, songe au fils de son ami. Prudent, il hésite : ne s'agit-il pas d'une œuvre considérable, de la restauration de l'église de la Madeleine, à Vézelay, qui menace ruine? Vitet s'inquiète, fait un rapport alarmant'. Il faut agir vite et bien. Viollet-le-Duc a vingt-six ans ; il s'offre, présente un projet de restauration avec plan et devis. Mérimée se renseigne, écrit à Etienne Delécluze, et l'oncle répond : « Si Eugène a dit qu'il s'en chargeait, ne craignez rien, il réussira"**. » Dès lors le choix de Mérimée est fixé. Il recommande ViolIet-le-Duc à la Commission des Monuments historiques, et la Commission confie les travaux à son protégé. En décembre 1839, puis en février 1840, Mérimée envoie lui-même les instructions nécessaires à Viollet-Ie-Duc^. Désormais, il ne le quitte plus; c'est lui qui le guide, le conseille, l'appuie de son autorité, le soutient dans la lutte incessante qu'il engage contre l'inertie des municipalités et des préfets, le couvre partout et toujours de son autorité. Mérimée devient le patron et le protecteur du jeune architecte; sans lui,

1. Tous ces détails sont empruntés aux archives de M. G. Viollet-le-Duc.

•?.. Cf. Goût, ouvr. cité, p. 44.

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