IV. — LoKis
Nous possédons de nombreux renseignements sur Lohis. Grâce à la correspondance de Mérimée, on peut suivre la genèse de la nouvelle dans son esprit. Dès la fin de 1866, et probablement sans le savoir, il avait trouvé le modèle de son héroïne. Il écrivait en effet, le 27 octobre 1866, à l'Autre Inconnue :
« Madame votre sœur est la dernière personne que j'ai vue à Biarritz. Elle a été très aimable pour moi et elle me plaît beaucoup. Elle vous ressemble par beaucoup de points, elle est comme vous curieuse et coquette, jalouse de plaire au premier chien coiffé autant qu'au plus bel homme et au plus grand du monde. Elle a de plus tous les genres d'esprit, de beauté et d'humeur qui me charment; cependant, nos atomes crochus ne se conviennent pas. Il lui manque quelque chose que vous avez, que je ne sais pas, mais qui fait que je vous aime. »
Vers la même époque, et sans songer encore à écrire une nouvelle, Mérimée s'occupait de la langue lithua-
1. M. Raoul Roche a publié, en octobre 1928, dans la Grande Revue, un très curieux commentaire de Djoûmane . On le trouvera plus loin, dans notre Revue de la Presse.