‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 30 sur 71 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

nienne, comme le montre ce passage d'une lettre écrite à l'Autre Inconnue le jeudi 11 mai 1867 :

« M. X. , qui est venu me voir pendant une grippe, s'est beaucoup moqué de moi parce que je lui avais dit que la langue lithuanienne était un dialecte slave. Il prétend que c'est une langue très particulière. Or, je viens de recourir aux grandes autorités, Max Muller, etc.. Le lithuanien est un dialecte slave, division vendique. C'est ce qui ressemble le plus au sanscrit parmi les langues européennes. »

On peut donc dire que, dès ce moment, Mérimée avait rencontré l'héroïne de sa nouvelle et avait en vue le lieu où se passerait l'action. Il manquait encore l'incident central, l'étincelle; elle ne tarda pas à jaillir. Le 25 juin 1867, Mérimée écrit en effet à l'Autre Inconnue :

« Vous me parlez de chasse avec tant d'ardeur que vous voudriez déjà, je pense, vous trouver en face d'un loup, voire même d'un ours. Passe pour la première de ces vilaines bêtes, mais je vous interdis absolument les ours : ils sont trop mal élevés pour avoir du respect pour les chasseresses. »

La nouvelle, à cette date, n'était sans doute pas écrite, mais Mérimée en avait tous les éléments dans l'esprit, peut-être sans savoir dans quel sens il les utiliserait.

Ce qui frappe, en tout cas, c'est le rôle prépondérant joué par l'Autre Inconnue comme inspiratrice involontaire de Lokis. Elle-même, ou sa sœur, qui lui ressemblait beaucoup, a fourni l'héroïne. Podolienne, elle attira l'imagination de Mérimée vers les régions septentrionales. Chasseresse enfin, c'est au cours d'une lettre à elle écrite que Mérimée a peut-être, pour la première fois, trouvé le thème de son conte.

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